Les communautés


Les communautés tiennent une place importante dans l’imagerie populaire concernant les Hippies. Mais si l’expérience de vie en communauté a effectivement tenu une place importante dans le mouvement contre culturel des années soixante aux Etats-Unis, le concept, lui, plonge ses racines dans l’histoire américaine. Il n’a pas été inventé par le mouvement , pas plus qu’il n’a disparu avec lui. (1)

Les formes de vie communautaires sont variées, dans les années soixante comme de tout temps.: urbaines ou rurales, ouvertes (open ou free land) ou fermées, à vocation spirituelle/ religieuse ou laïque, bâtie autour (et sous l’autorité) d’une ou plusieurs personnes ou sans leadership, militante ou non, il existe presque autant de cas de figures que de communautés, sans parler des différents stades d’évolution qu’ont pu traverser beaucoup d’entre elles.


Encore (!) une question de terme: J’emploie le terme communauté (community) de façon générique et non le terme de commune (commune), plus couramment utilisé aux Etats-Unis. Aujourd’hui, lee Fellowship for Intentional Communities, et ses membres, emploie indifféremment les deux termes. L’organisation considère néanmoins qu’il est préférable d’utiliser le terme de "commune" lorsque les membres vivent de façon communautaire au sens économique du terme – avec mise en commun des ressources financières et co-propriété du terrain ou des locaux. La plupart des communautés ne sont pas des communes.

Le terme communauté est un terme vague qui, comme dit précédemment, recouvre des réalités bien différentes. On parle, par exemple, de la communauté hip de Haighy-Ashbury comme de la communauté noire. Le terme commune, utilisé le plus souvent en américain pour qualifier les expérience de vie communautaires, provient peut-être de la volonté de se différencier du terme community, qui décrit davantage des groupes sociaux et/ou raciaux.

Les pages consacrées aux expériences communautaires américaines des années soixante font une large place à deux communautés, basées sur le principe du free land, ou de l’open land, sous la forme de larges extraits traduits de témoignages et de souvenirs rassemblés par Ramon Sender entre autres. Ces documents sont à mon avis représentatifs d’une frange importante de l’expérience communautaire de l’époque : On y trouve, outre les aspects de la vie quotidienne, les problèmes avec le voisinage, les tracasseries administratives et policières, les passages et/ou l’installation de membres parasites…. – qu’ont connu maintes communautés.

A lire également l'interview de Ramon

Une perspective plus générale du mouvement communautaire est offerte par de larges extraits traduits à partir du document du Professeur Timothy Miller.


(1) Les communautés en Amérique du Nord Chiffre 1995 sources Fellowship for Intentional Communities, Octobre 1996

L’organisation recense 540 communautés en Amérique du Nord dans leur annuaire 1995 – contre un peu plus de 300 dans l’édition 1990/91. Leur banque de donnée en comporte quelques centaines de plus, qui n’ont pas souhaité apparaître dans l’annuaire et le nombre total de communautés est estimé à plusieurs milliers.

54% des communes recensées en 1995 sont rurales, 28% urbaines, 10% possèdent à la fois des sites ruraux et urbains et 8% ne précisent pas.

65% sont laïques, 35 % sont explicitement spirituelles ou religieuses

64% ont une forme de prise de décisions démocratique, 9% possèdent une forme hiérarchique ou autoritaire , 11% ont une combinaison des deux et 16% ne précisent pas.

Liens

Roots of Communal Revival 1962-1966 Timothy Miller
http://www.thefarm.org/lifestyle/root1.html
(Extraits traduits disponibles sur ce site)

Communalism : From Its Origins to the Twentieth Century par Kenneth Rexroth
http://www.bopsecrets.org/rexroth/communalism1.htm

Une histoire du mouvement coopératif et communautaire aux Etats-Unis
http://www.red-coral.net/Collect.html

Memories of Drop City Une nouvelle de John Curl
http://www.red-coral.net/DropCityIndex.html

Vidéo Welcome to the future: less work, more play – En anglais
Lou Gottlieb explique pourquoi Morning Star est un précurseur du futur mode de vie. Des vues de la communauté et de ses membres pour illustrer les pages de ce site consacrées au Free Land Movement.
http://archives.cbc.ca/IDC-1-69-580-3159/life_society/hippies/clip5

Les communautés US aujourd’hui :

The Fellowship for Intentional Community
http://fic.ic.org/

The Federation of Egalitarian Communities
http://www.thefec.org/ Remerciements à:

Timothy Miller, Professeur à l’Université du Kansas, spécialiste des religions aux Etats-Unis et de l’histoire du communautarisme. Auteur en particulier de The Hippies and American Values, (University of Tennessee Press - 1991) America's Alternative Religions, State University of New York Press - 1995, The Quest for Utopia in Twentieth-Century America (Syracuse University Press, 1998), et The 60s Communes.Hippies and Beyond. (Syracuse University Press, 1999)

Ramon Sender, co-fondateur du Morning Star Ranch avec Lou Gottlieb, Co-auteur de Being of the Sun (Harper & Row 1974) avec Alicia Bay Laurel
Son site web :http://www.raysender.com/


Ron Thelin et la Red House  Morning Star  Les racines  Archéologie Communautaire