Austin, Texas - (1ère partie : 1966 - 1967)

 


In memory of George and with a special thought for Mariann 

George et Mariann vendant The Rag dans les rue d'Austin (auteur inconnu)


Principales sources :

Archives du Rag

The Rag:A Study In Underground Journalism  Susan Torian Olan 

History of student activism at the University of Texas (1960-1988) Beverly Burr Printemps 1988


Notes :

(1) History of student activism at the U.T op citée

(2) A la décharge de l’université du Texas, il faut noter qu’elle fut l’une des toutes premières universités du Sud à intégrer des étudiants noirs à partir de 1956

(3) Lyndon Baines Johnson, qui succédera à John Kennedy, et qui occupera la présidence jusqu’en janvier 1969, est né à Stonewall, Texas




Lettre signée de Thorne Dreyer à l''U.P.S  annonçant la naissance de The Rag

Premier numéro de The Rag


(4) Dans les mémoires des membres de The Rag, Thorne écrit : "J’ai été conçu à Houston pendant une collaboration créative entre un journaliste de la presse écrite et une expressionniste abstraite. Alors je pense que j’ai toujours su que je deviendrai un entonnoir.". RAG Mémoires automne 2005

(5) Voir Le Mouvement et les Nouveaux Médias.

(6) What was The Rag ? Juillet 2005

(7) Voir Freaknet, d'où est tiré le dessin ci-dessous.  Times of no money


...nous avons plein d'herbe
et comme nous le savons tous, la dope
vous emmenera dans des temps sans argent
mieux que l'argent ne vous emmenera
dans des temps sans dope ! 


(8)
Voir le site d’Alan

(9) What was The Rag Op cit.

(10) Credibility Gap : Scepticisme de l’opinion publique quant à la version officielle sur les buts et la conduite de la guerre du Vietnam.


(11) The Rag, 30 Jan. 1967: p. 1.cité dans History of student activism at the U.T op citée


Artiste inconnu The Rag. 31 Octobre 1966.


"Ce jeudi est un jeudi calme la célébration de notre croyance qu'il n'y a rien de mal à s'amuser. Alors nous demandons qu'à l'occasion de ce jeudi particulier tout le monde fasse exactement ce qu'il veut...."

(12) The Rag, 24 Avril 1967 p. 10. cité dans History of student activism at the U.T op citée

(13) Allen Hamilton, chef de la police pour le campus de l’U.T qui a conservé secrets, jusqu’à sa mort en 2005, des documents assemblés sur les milieux radicaux et contre-culturels d’Austin.
Ces documents ont été rendus publics après avoir été découvert par son fils.

Voir l’article de Thorne Dreyer The Spies of Texas dans The Texas Observer du 17 novembre 2006

Le journal a mis en ligne la plupart de ces documents

(14)The Rag, 15 mai 1967, p. 1 cité dans History of student activism at the U.T op citée .

University Freedom Movement
U.T Austin 1967

Photo John Avant 
Thanks to Alice








Austin, Texas. Pas vraiment un paradis pour freaks, qui méritaient ce nom plus qu’ailleurs peut-être , au milieu des années soixante.

"Tout ce que tu avais à faire à Austin pour te mette dans une situation d’opposition c’était de laisser pousser tes cheveux. C’était une prise de position politique" . Un pas que ne franchissait pas grand monde, y compris les étudiants sur le campus de l’Université du Texas. "Tu regardais par dessus ton épaule quand tu marchais dans la rue" Il était fréquent de se faire refuser l’entrée d’un restaurant ou d’un magasin sur son apparence physique ou vestimentaire. Cette situation joua un grand rôle pour cimenter la communauté de tout ceux qui ne se reconnaissait pas dans le texan way of life.

La lutte pour les droits civiques à l'U.T.

Le campus de l’Université du Texas avait connu quelques poussées de fièvre par le passé.

"La récession économique des années 1930 et l’agitation sociale qui avait suivi ces années là avaient affecté de manière significative les étudiants à travers le pays. Ils sortirent de leur monde clos et s’intéressèrent à des questions plus vastes. Pendant cette décennie, beaucoup d’étudiants s’opposèrent à la militarisation, étudièrent la pensée économique marxiste, créèrent des coopératives pour diminuer le coût de la vie et soutinrent les changements dans la politique économique. … Bien que le mouvement étudiant se soit effondré à la fin de la décennie, son importance fut considérable pour plusieurs raisons. D’abord il rompit avec la tradition d’isolement des étudiants. Ensuite, il laissait un héritage qui influencera la génération d’activistes des années 1960. Beaucoup des contestataires étudiants des années 1960 étaient des "bébés-aux-couches- rouges", les enfants des étudiants radicaux des années 1930" (1)

Après une période de relative tranquillité, , le campus de l’Université du Texas se réveillera, comme partout aux Etats-Unis, avec la question de la ségrégation raciale, lorsque, le 1er février 1960, quatre étudiants du A&T College de Greensboro, Caroline du Nord refuseront de quitter le comptoir réservé aux blancs de la cafétéria d’un magasin Woolworth . En mars 1960, un groupe d’étudiants noirs organiseront une vigile durant une réunion du conseil d’administration pour protester contre la politique raciale et ségrégationniste de l’U. T. Les étudiants noirs ne pouvaient avoir accès, entre autres, aux logements étudiants, aux sports universitaires ainsi qu’aux emplois étudiants.(2)

Autour du SNCC, des étudiants de l’UT organisèrent des vigiles dans une rue commerciale bordant le campus, appelée familièrement "The Drag.", devant les restaurants pratiquant la ségrégation. Le Campus Interracial Committee, formé quelques années auparavant, agissait également pour l’égalité raciale aussi bien sur le campus que dans la communauté d’Austin.

Durant l’automne une nouvelle organisation directement inspirée du SNCC fut créée - Students for Direct Action, organisant des sit-ins et maintenant la pression sur l’administration de l’UT pour une déségrégation totale. La réponse ne se fit pas attendre. Deux étudiants blancs firent exploser une bombe dans la cage d’escalier de la YMCA où se tenait une réunion des militants pour l’égalité raciale.

Cela ne freina pas les ardeurs du mouvement qui multiplièrent les actions sur et hors le campus. En janvier 1961, des vigiles furent organisés devant les théâtres d’Austin pratiquant la ségrégation et comptèrent bientôt plus de 500 étudiants. Le personnel de l’université commença à soutenir les manifestants et une pétition de 260 d’entre eux en faveur de la déségrégation dans les théâtres parut dans le Austin American Statesman

Malgré cela, l’administration universitaire faisait la sourde oreille et à la rentrée de l’automne 1961, les étudiants noirs radicalisèrent le mouvement en violant le règlement sur la ségrégation du logement étudiant. Des jeunes filles noires rendirent visite à un étudiant blanc dans la résidence universitaire. Devant l’absence de réaction de la part des autorités universitaires, le 19 octobre, une cinquantaine d’étudiants noirs organisèrent un sit-in d’une heure dans le parloir de la résidence.

L’administration demeura inflexible et les étudiants décidèrent de porter l’affaire devant les tribunaux, tout en poursuivant les actions directes Ils remportèrent une première victoire à l’été 1962 , lorsque fut autorisées les visites d’un étudiant du même sexe dans les dortoirs blancs. Mais il fallut attendre le novembre 1963 pour voir "annuler pour tous les étudiants les restrictions de toute sorte et de toute nature fondée sur la race et la couleur" Victoire incomplète cependant puisque la déségrégation ne concernait pas les dortoirs, les appartements et les réfectoires, "entreprises auxiliaires qui ne constituent pas une partie de l’activité éducative de l’université."

Les Students for Direct Action et le Campus Interracial Committee continuèrent donc leurs actions. Finalement, suite au retrait de la plainte devant les tribunaux, l’administration universitaire vota la déségrégation dans les logements étudiants en mai 1964 et embaucha le premier assistant noir dans le corps professoral. Mais si officiellement, la déségrégation avait pris fin à l’Université du Texas, dans les faits, l’administration de l’UT ne prit aucune mesure pour respecter le Titre VI du Civil Rights Act stipulant que " les intéressés pratiquant auparavant la ségrégation doivent prendre des mesures de discrimination positive pour compenser les effets de la précédente discrimination."

La naissance du S.D.S

Les Students for a Democratic Society (SDS) firent leur apparition (discrète) sur le campus de l’U.T au printemps 1964 .

En octobre 1965, le SDS organisa la première marche des années 1960 contre la guerre du Vietnam sur le campus de l’U.T. L’autorisation de manifester dans les rues d’Austin lui avait été refusée et, en réponse, le groupe local déposa un recours auprès de la Texas Criminal Court of Appeals pour le droit à se réunir librement.

L’apparence de quelques militants du SDS ne passait pas inaperçue. Un article du Dallas Morning News, du 24 Octobre 1965 décrivait les manifestants contre la guerre comme des "gauchistes locaux" aux "crinières hirsutes" vêtus de "T-shirts, sandales, justaucorps et jeans sales".  Dans le même article, un membre du SDS répond à une question sur le financement du groupe " des professeurs pseudo libéraux se donnent bonne conscience en nous glissant 10 $ à l’occasion "

La manifestation contre la guerre entraîna la création d’un Comité de Soutien à la Politique US au Vietnam par les Young Republicans afin de démontrer que les positions du SDS n’étaient pas majoritaires sur le campus. 

En février 1966, le Comité Directeur des Texas Student Publications (TSP) censura la couverture d’un numéro de Ranger, une revue étudiante, où figurait une caricature de Lyndon Johnson. Le mois suivant, un tract de la Texas Student League for Responsible Sexual Freedom fut interdit par les autorités universitaires, et lui interdit l’accès au campus. Ces deux épisodes soulevèrent la question de la liberté d’expression à l'U.T. 


 Jeffrey Nightbyrd - Jeff Shero, dans les années soixante – un militant SDS et qui travaillait comme éditorialiste au Daily Texan,le jounal de l'U.T  voyait régulièrement ses articles censurés, dès qu’il parlait du racisme ambiant, de la guerre du Vietnam ou des droits des homosexuels. Avec quelques autres dont Gary Thiher, Alice Embree, Carol Neiman, et Thorne Dreyer. et sur le modèle du journal underground du Michigan The Paper , il décida de créer le journal underground d’Austin, baptisé The Rag, littéralement, Le Torchon

The Rag .

Le 5 octobre 1966, Thorne Dreyer annonce, par lettre, la naissance de The Rag à l’Underground Press Syndicate dont le journal sera le sixième adhérent

"Des profondeurs des entrailles de la réaction, du pays natal de super lbj (3), oui, de Austin, Texas, surgit (doodley-dee-de-doo) THE RAG"

Il y décrit le potentiel pour le développement d’une communauté radicale aussi bien sur le campus qu’en dehors :

"Austin a été depuis plusieurs années le foyer d’un underground très actif et bruyant. Ses habitants bouffaient du peyotl avant que la plupart du troupeau de hippies actuels ne découvrent leurs appendices au-dessus de leurs épaules et entre leurs jambes"

L’un des objectifs est de s’opposer au Daily Texan , le journal de l’UT, entre les mains d’un éditeur "véritable fasciste"

Le premier numéro parut le 10 octobre 1966 après avoir été rédigé dans une vieille maison au 2506 Nueces, où vivaient Carol Neiman, et Thorne Dreyer, et qui servait tout à la fois de crash pad, bureau et lieu de rencontres de tous les libres penseurs de la ville. Un imprimeur indépendant et militant, Larry Freudiger, imprimera les 12 premiers numéros pour un tirage entre 1 500 et 2 000 exemplaires.

Le rôle de coordination concernant l’édition fut confié à Thorne Dreyer (4) et Carol Neiman, qui reçurent à cet effet le titre de “funnel” - littéralement entonnoir – et “funnella” et la décision fut prise de partager le journal de façon équitable entre l’actualité politique et contre culturelle, deux aspects interdépendantes et complémentaires d’un même grand mouvement pour le changement social.

L’histoire du Rag se confondra avec l’histoire radicale et contre culturelle de Austin. Le journal en sera non seulement le porte-voix mais, peut-être et surtout, un des principaux acteurs.

"Les gens qui ont créé ensemble le Rag étaient ceux-là mêmes qui concevaient les manifestations et les love-ins, qui étaient parmi les meneurs dans les confrontations avec les autorités et qui étaient aux avant-postes des happenings culturels locaux."(5)

Alice Embree (6)

The Rag couvrait ce qui ne l’était pas par la presse ‘straight’ . Les actions contre la guerre, the 13th Floor Elevators, Kenneth Threadgill au Split Rail, les bouffonneries des Fabulous Furry Freak Brothers, (7) le mouvement féministe naissant, et plus—tout cela trouvait une voix dans The Rag. Ceux qui y écrivaient participaient au soulèvement politique et culturel et écrivaient sur le sujet. Et ils vous disaient où vous pouviez trouver un repas avec du poulet pour 35 cents (au Stallion).”

Alain Pogue (8), qui devint photographe "officiel" du Rag de 1969 à 1977, et ancien du Vietnam explique pourquoi il a travaillé pour le journal :

“Quand j'étais soldat au Vietnam, j'ai pris conscience que les institutions religieuses, le système éducatif et la presse ne m'avaient pas dit la vérité au sujet de la guerre. Mon ignorance m'a pour ainsi dire coûté la vie. Ce que j'ai vu au Vietnam a changé mon état d'esprit, alors j'ai retenu la leçon et mis mes talents photographiques au service du Rag. Les grands médias étaient rarement capables de dire la vérité et bien qu'ils payaient mieux et étaient plus chics, le sens de la vérité du Rag m(y a fait rester jusqu'au dernier numéro" (9)

La radicalisation à l’U.T

La guerre du Vietnam, à Austin comme ailleurs aux Etats-Unis, devenait un sujet de mobilisation qui s’ajoutait aux revendications étudiantes sur les conditions de vie et d’études à l’université.

Durant l’automne1966, dix femmes membres du SDS et du Rag avaient tenu un sit-in de protestation contre le bureau du service militaire d’Austin. En janvier 1967, plusieurs manifestations eurent lieu contre la venue du ministre de la défense, Dean Rusk.

Thorne Dreyer écrivit dans The Rag: (11)

"La mission [ de Rusk]…était de combler le Déficit de Crédibilité (10), pour défendre la ligne que nous étions là-bas pour défendre la liberté et l’American Way. Dans la pure tradition bureaucrate, il n’a pas parlé çà ceux qui devait combattre dans cette guerre, aux étudiants qui protestaient où à la populace qui se pose des questions mais aux bénis-oui-oui, aux gros-culs de la législature du Texas et du Conseil d’Administration de l’université"

En mars, pour la première fois, vingt pour cent du personnel universitaire prirent publiquement position dans une lettre au président Johnson contre l’escalade de la guerre et demandant la fin des bombardements au Nord Vietnam

Le premier conflit sérieux entre le SDS et la direction de l’UT survient la semaine du 10 au 16 avril, durant la Flipped-Out Week organisée par le SDS et la Roundup Week, une tradition texane, une sorte de carnaval organisé par les fraternités et sororités étudiantes, et qui coïncidait avec la campagne national de mobilisation contre la guerre du Vietnam.

La Flipped-Out Week comprenait diverses manifestations, dont la venue de Stokely Carmichael, un pique-nique, une lecture de poésie, une marche contre la guerre et un Gentle Thursday, (Voir ci-contre)  Paradoxalement, ce fut cette dernière manifestation qui déclencha l’ire des autorités universitaires. Edwin Price, coordinateur des Activités Etudiantes , déclara que l’université ne pouvait pas tolérer les embrassades publiques, l’amour de masse et les ballons . Et cette position ridicule assura le succès de la Flipped Out Week et prouva le bien-fondé de la combinaison de l’action politique et de la manifestation contre-culturelle.

Gary Thiher écrivit dans The Rag (12) un article commentant la réaction de l’U.T :

"Il est important de noter que l’ administration était si effrayée par la perspective du Gentle Thursday qu’elle voulait pouvoir punir le SDS pour tout ce qui pourrait arriver ce jour-là…. Les bureaucrates transforment la chair souple des êtres humains en ‘étudiants’ malléables afin de les contrôler. Tout ce qui est en dehors des ‘canaux et procédures officiels’ est hors du contrôle des bureaucrates" 

Début avril, une liste radicale est présentée à l’occasion de l’élection de la Student Assembly (SA) menée par Gary Thiher, et où figurent et quatre autres membres du SDS, pour "offrir une réelle alternative aux politiciens étudiants habituels qui acceptent l’impuissance de la SA".

La semaine après la Flipped Out Week, le SDS distribua des tracts sur le campus pour appeler à une réunion de préparation pour une manifestation le lundi suivant contre la venue du vice-président Hubert Humphrey pour un discours au Capitol à Austin.. Plus de 200 étudiants y participeront. Le président de l’U.T, considérant que les tracts avaient été distribués sans autorisation préalable, somma le SDS de ne pas organiser la manifestation.

Malgré l’avertissement, environ 150 étudiants manifestèrent devant le Capitol le lundi et, le jour même, l’U.T retira la reconnaissance du SDS comme organisation étudiante sur le campus. Les autorités universitaires engagèrent des procédures disciplinaires contre six étudiants, accusés d’avoir "violé en toute connaissance et volontairement un ordre du Président". Elles demandèrent aussi l’arrestation de George Vizard, un membre de The Rag, non étudiant. L’arrestation, brutale, eut lieu au Chuckwagon, un café qui servait de lieu de rencontre au milieu radical et étudiant. Deux autres personnes furent arrêtées en même temps pour avoir traité les policiers de "fascistes"

Des six étudiants sous la menace d’une sanction disciplinaire, trois figuraient sur la liste présentée par le SDS aux élections étudiantes, Dick Reavis, Alice Embree et Gary Thiher, deux étaient également membres du SDS, Tom Smith et David Mahler , et le dernier, John LaFeber, était président des Young Democrats.

Le Mouvement pour la liberté à l’université

Plus de 250 étudiants et membres du personnel de l’U.T se réunirent le soir de l’arrestation musclée, représentant toutes les organisations étudiantes progressistes UT Veterans' Association (UTVA), la Negro Association for Progress, lesYoung Democrats (YD), les Student Religious Liberals, le SDS, et la Graduate Students' Association. . Ensembles, elles fondèrent le University Freedom Movement (UFM). Une foule de plus de 500 étudiants et membres du personnel se rassemblèrent sur Main Mall pendant que Alice Embree était entendue par la commission de discipline, les étudiants arrêtés étaient convoqués un par un.

Le 1er mai, Gary Thiher écrivait un article dans The Rag :

"L’université n’a pas de loi qui exige une autorisation préalable pour des réunions sur le campus. Elle a toujours prétendu à tort qu’une telle loi existe. Donc, en interdisant la réunion et en prenant des mesures disciplinaires contre quelques étudiants qui y ont participé, l’université a abrogé de façon arbitraire les droits d’assemblée et d’expression des étudiants"

L’UFM organisa une conférence de presse pour répondre aux accusation de noyautage par le SDS, faisant savoir que dans son comité directeur de cinq membres démocratiquement élus, ne figurait qu’un seul membre du SDS, et pour exposer ses revendications dont : l’arrêt des mesures disciplinaires, la réintégration du SDS comme organisation étudiante à l’U.T, la participation des étudiants à l’élaboration de la réglementation sur le campus, le renvoi de Hamilton, le chef de la police de l'U.T.

Le 1er mai 1967, les six étudiants furent reconnus coupables "d’un sérieux manque des respect envers l’autorité légitime" et furent mis à l'épreuve pour une année. 

Aux élections de la Student Assembly, la liste radicale n’obtiendra qu’entre 20 et 30% des suffrages. 

A la fin de l’année universitaire, les autorités de l’Etat du Texas votèrent la Loi 162, accordant au personnel de sécurité de l’université "tous les pouvoirs, immunités et privilèges des officiers de police"

Thorne Dreyer écrivit sur le mouvement étudiant de l’année écoulée:

"Si quelque chose peut avoir du sens dans un monde où les bombes pendent du plafond et où le bureau de recrutement pour le service militaire est tapi dans l’ombre,…je le trouverai dans cette mystérieuse mixture d’amour et de colère qui a secoué la torpeur dramatique des étudiants. Avec les noirs et les hippies, le réveil Etudiant de 1966-67 représente l’espoir pour l’Amérique…. Le Système est vaste et solide. Mais nous devons garder en mémoire que des murmures dans la communauté universitaire sont des cris pour IBM et les ministères. C’est l’université qui forme les modèles, qui nourrit l’organisation. Aussi longtemps que l’université sera un microcosme de cette Organisation, une structure autoritaire modèle, tout se passera sans heurt. Dirions-nous que les eaux deviennent agitées ?"  (14)

Le SDS retrouvera son habilitation comme organisation étudiante sur le campus de l'U.T en novembre 1967

A suivre
To be continued

Première édition septembre 2009


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