Haight Independent Proprietors: HIP - Propriétaires Indépendants de Haight

Le quartier de Haight Ashbury était tout sauf un quartier paisible, propre au commerce. Il existait une association de commerçants, la Haight Street Merchants' Association qui voyait d'un mauvais oeil l'arrivée d'une population "hippie", peu fortunée, et sans doute l'arrivée des nouveaux commerces comme la Psychedelic Shop des frères Thelin et autres. Cette dernière se vit refusé l'adhésion à l'association des commerçants existantes et les commerçants "hip" décidèrent de créer leur propre groupement. Le 22 novembre 1966, les frères Thelin, Tsvi Strauch de la boutique In Gear et Blind Jerry Sealund de Far Fetched Foods, avec le soutien des autres commerçants "hip" annoncèrent lors d'une conférence de presse au 1575 sur Waller la création des Haight Independent Proprietors (HIP) . Pour montrer leur appartenance à la communauté, ils soulignèrent qu'ils avaient choisi la date du troisième anniversaire de l'assassinant de Kennedy, dénoncèrent la saisie de Love Book et lirent "A Prophecy of a Declaration of Independence."

Le 24 janvier 1967 les Haight Independent Proprietors tinrent une réunion avec le Chef de la Police Thomas Cahill. Ils déclarèrent représenter une centaine de commerçants et d'artistes et invitèrent les autorités à voir avec bienveillance l'installation des 26 nouveaux commerces du quartier durant les neuf derniers mois.
Ron Thelin et Tsvi Strauch racontèrent à Cahill leurs trips à l'acide et comment ceux-ci les rendirent meilleurs. Ils lui assurèrent que les commerçants Hip souhaitaient éviter les incidents avec la police dans le quartier, suggérant de faire appel à Allen Ginsberg pour imaginer un mantra à cet effet.
La conséquence la plus étonnante de cette rencontre fut le nouveau nom donné à la communauté psychédélique de Haight, trouvé par le chef de la police lui même lors qu'il fit remarquer aux représentants des HIP : " Vous êtes une sorte de Génération de l'Amour, pas vrai ?"
Les commentaires positifs de Thelin et Strauch sur la rencontre leur valurent une réponse sardonique des Diggers sous la forme d'un tract édité par la ComCo Le 8 février suivant, une rencontre sur terrain neutre fut organisée entre les HIP et les diggers dans les locaux de la Glide Memorial Church . Les Hip avaient fait quelques efforts pour se rapprocher du point de vue des diggers, avec l'ouverture du Job Co-Op, un bureau de l'emploi pour les habitants du quartier, et des services d'imprimerie gratuits à la Print Mint

Pour les diggers, cela n'était pas suffisant. Ils critiquèrent d'abord les efforts des HIP pour dialoguer avec la police. La Job Co-Op, accusèrent-ils, ne fournissaient que des petits boulots temporaires sous payés pour les hommes et des travaux de couture à 1$ l'heure pour les femmes pour confectionner des robes qui seraient revendus 20$ ou 30$

Mais pour Emmett Grogan le plus important était que, devant l'afflux prévu à l'occasion de Summer of love, les HIP allaient devoir assumer leurs responsabilités. Sa demande était ni plus ni moins que les HIP transforment leurs boutiques en coopératives à but non lucratif.

Peter Krug, à l'origine de l'idée de la Job Co-Op, considérait comme démagogique l'accusation des diggers selon la quelle les commerçants étaient de riches exploiteurs. Le lendemain de la rencontre, il afficha ses comptes sur la devanture de sa boutique Wild Colors : Un chiffre d'affaire de 2 000$ mensuels, dont 1500$ allaient aux fournisseurs, 250$ à la location du pas de porte, au fonctionnement et à la publicité et 50$ pour couvrir les vols. Toutes les suggestions étaient les bienvenues pour devenir non lucratif.

Source : Charles Perry The Haight Ashbury. A History Random House 1984


Sur le différents entre diggers, commerçants HIP et "communauté psychédélique" lire également "Les enfants de l'Oncle Tim" dans le chapitre consacré à la Communication Company

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