Communiqué #1 de The Weatherman Underground

Publié dans le Berkeley Tribe le 31 juillet 1970.



Hello. Je suis Bernardine Dohrn.

Je vais lire une DECLARATION DE GUERRE

Ceci est le premier communiqué du Weatherman underground.

A travers le monde, des peuples en lutte contre l'impérialisme amérikain attendent de la jeunesse de l'AmèriKe qu'elle utilise sa position stratégique
derrière les lignes ennemies pour rejoindre les forces pour la destruction de l'empire.


Le peuple noir a lutté pratiquement seul depuis des années. Nous savions que notre boulot était d'amener les jeunes blancs à la révolution armée.
Nous n'avons jamais eu l'intention de passer les prochaines cinq ou vingt cinq années de nos vies en prison. Depuis le jour où le SDS est devenu
révolutionnaire, nous avons essayé de montrer comment il est possible de surpasser la frustration et le sentiment d'impuissance qui naissent des
tentatives pour réformer ce système. Les jeunes savent qu'une fois définies les lignes de partage, la révolution bouleverse tous les aspects de notre
vie. Des dizaines de milliers d'entre eux ont appris que les marches et les manifestations ne servent à rien. La violence révolutionnaire est la seule
solution.


Nous adaptons à l'heure actuelle la stratégie classique de guérilla du Viet Cong et la stratégie de guérilla urbaine des Tupamaros à notre propre
situation ici, dans le pays technologiquement le plus avancé du monde.


Le Che nous a appris que "les révolutionnaires se déplacent comme des poissons dans l'eau" L'aliénation et le dégoût que ressentent les jeunes
pour ce pays ont créé l'océan pour cette révolution.


Les centaines et les milliers de jeunes gens qui ont manifesté pendant les années soixante contre la guerre et pour les droits civiques sont devenus
 des centaines de milliers durant les dernières semaines pour combattre activement l'invasion du Cambodge par Nixon et les tentatives de génocide
du peuple noir. La folie de la "justice" amérikaine a ajouté à sa liste d'atrocités six noirs tués à Augusta, deux à Jackson et quatre étudiants blancs
à Kent State, fabriquant quelques milliers de révolutionnaires de plus.


Les parents des jeunes "privilégiés" ont dit depuis des années que la révolution était un jeu pour nous. Mais la guerre et le racisme de cette
société montrent qu'elle est trop moche. Nous ne pourrons jamais vivre en paix à l'intérieure de ce système


C'était parfaitement vrai pour ceux qui sont morts dans l'explosion de la maison à New York (1). la troisième personne qui a été tuée est Terry Robbins, qui a conduit la première rebellion à Kent State il y a moins de deux ans

Les douze Weathermen qui ont été inculpés pour avoir conduit les émeutes de Chicago en octobre dernier (2) n'ont jamais quitté le pays.
Terry est mort, Linda a été capturé par un indic des porcs(3), mais les autres nous déplaçons librement dans chaque ville et dans chaque endroit
du pays où se retrouve la jeunesse. Nous ne nous cachons pas mais nous sommes invisibles.


Le Weatherman underground comprend plusieurs centaines de membres et quelques-uns d'entre nous risquons plus d'années de prison que
les cinquante mille déserteurs et insoumis maintenant au Canada. Déjà, plusieurs d'entre eux reviennent pour nous rejoindre dans la clandestinité
ou pour retourner dans l'armée des flics (4)et pour la mettre en pièces de l'intérieur avec ceux qui ne l'ont pas quitté.


Nous combattons de nombreuses manières. La drogue est une de nos armes . Les lois contre la marijuana ont fait que des millions d'entre nous
sont déjà hors-la-loi bien avant même que de rompre. Les fusils et l'herbe sont unis dans la clandestinité de la jeunesse.


Les freaks sont révolutionnaires et les révolutionnaires sont freaks. Si vous voulez nous trouver, c'est là où nous sommes: dans chaque tribu,
communauté, dortoir, fermes, baraquements et appartements où les jeunes font l'amour, fument de la drogue et chargent les fusils—les évadés
de la justice amérikaine sont libres.


Pour Diana Oughton, Ted Gold et Terry Robbins, et pour tous les révolutionnaires qui sont encore en activité ici, la question ne se pose plus depuis
longtemps.— nous ne reviendrons jamais .


Dans les deux prochaines semaines, nous allons attaquer un symbole de l'institution de l'injustice amérikaine. C'est notre façon de célébrer
l'exemple de Eldridge Cleaver et H. Rap Brown et de tous les révolutionnaires noirs qui nous ont inspiré par leur combat derrière les lignes
ennemies pour la libération de leur peuple.


Plus jamais, ils ne combattront seuls.

21 Mai 1970

(1) Le 6 Mars 1970 
(2) Les 8, 9 et 10 Octobre 1969 les "Days of Rage"
(3) Dhorn emploie le terme "pigs"
(4) the Man's army
decembre 2006
Retour index le temps des armes