Resistance Inside the Army - RITA -  et Act




La création de R.I.T.A. à Paris en 1967, (Richard Perrin est le second à partir de la droite)

Richard Perrin

Né en 1948 dans le Massachusetts
A 18 ans, il se fait recenser et est appelé pour le service militaire en janvier 1967 à Fort Jackson, Caroline du Sud, d'abord puis à Fort Gordon, Georgie. Il est reconnu comme bon soldat. Pendant ce temps, Perrin s'intéresse à la guerre du Vietnam, essayant de trouver des réponses à ses questions quant à l'engagement Us.
En juin 1967, Perrin rencontre Andy Stapp, passé peu avant devant une cour martiale pour propagande anti militariste à Fort Sill en Oklahoma. Avec quelques autres, Perrin et Stapp, commencent à diffuser des tracts contre la guerre. C'est au tour de Perrin de passer en cour martiale, effectue 15 jours de prison et est relâché avec le marché suivant. Si il cesse ses activités antimiltaristes et ne travaille plus avec Stapp; il ne sera pas envoyé au Vietnam mais en Allemagne. Là-bas, il est choqué par le racisme régnant dans l'armée et comprend que le problème est plus large que la seule guerre au Vietnam. Il prend la décision de déserter et se rend à Paris.
Là, il se met en rapport avec d'autres déserteurs et crée Resistance Inside the Army, RITA, qui n'a pas pour but d'appeler à la désertion mais d'encourager la résistance à l'intérieure des forces armées. RITA publie le journal ACT, considéré comme le premier journal underground de GIs, distribué internationalement avec une liste de 10 000 abonnés.En janvier 1969, Perrin quitte la France pour Regina au Canada, la situation politique rendant risquée la situation des déserteurs américains en France . Là; il créé le Regina Committee of American Deserter, qui fournit aide et logement aux déserteurs. En 1975, il bénéficie de l'amnestie.
Perrin vit au Canada et en 2001 il publie son autobiographie, G.I. Resister: The Story of How One American Soldier and His Family Fought the War in Vietnam, Trafford Publishing, Canada.


1er numéro de Act , février 1968 En haut à droite, "Plus d'infos ? Ecrire à J.P. Sartre, BP 130, Paris 14, France"

Sartre avait donné son accord pour rendre ce service aux soldats Us réfugiés à Paris, qui craignaient la surveilance policière sur le courrier reçu. Le secrétaire de Sartre relevait donc la boîte aux lettres et remettaient leur courrier aux destinataires, beaucoup vivant dans le Quartier Latin.


Sources

RITA (Resistance in the Army)
par Max Watts

Sir!No Sir!












RITA peut à la fois désigner l'organisation elle-même, Resistance inside the army, et l'un de ses membres, Resister inside the army

Une définition de RITA a été donné par Terry Klug en 1968 et publié par Act.

" Qu'est-ce que RITA : Un Rita est un Résistant au sein des Forces Armées, un soldat américain qui résiste à l'aggression impérialiste dans le Sud Est Asiatique. Ses motivatons peuvent être politiques, pacifistes ou autres.
 
Qu'est-ce qu'un RITA à plein temps ? Un résistant à plein temps est un soldat qui a temporairement quitté les Forces Armées pour travailler contre l'agression inhumaine de son pays dans le S.E Asiatique. Il ne se considère pas comme un déserteur, généralement il a l'intention de revenir après la guerre. Il n'est pas non plus anti-patriotique ou anti-américain. Il est seulement un individu agissant de la manière qu'il croit juste et selon les intérêts de l'humanité.

Qu'est-ce qu'un FRITA ? Un ami de RITA, un américain, un européen ou tout autre civil qui aide les Ritas à agir.

Que font les RITA ? Ils organisent la résistance à la guerre, tel que le American Servicemen's Union (ASU) à l'intérieur des Forces Armées. Ils fournissent une source d'informations véridiques aux G.I.'s en diffusant des journaux comme le BOND et en écrivant et éditant ACT. Le journal de RITA Act est réalisé par des résistants à plein temps dans le seul but de présenter la vérité aux militaires américains qui à un moment ou à un autre seront appelés pour servir la machine de guerre.

RITAs et FRITAs ne sont pas hermétiquement organisés avec des cadres, des membres ou une ligne politique donnée. Ils sont avant tout des individus issus de nombreuses opinions politiques, philosophiques et religieuses unis dans leur opposition à cette guerre.

RITAs et FRITAs travaillent avec toute personne, organisation ou groupe qui aidera les militaires américains à combattre contre la guerre."

Max Watts, alors engagé à Paris dans une organisation nommée le Paris American Committee to Stop the War - PACS - se souvient des problèmes qu'a soulevé l'apparition de RITA :

" Le PAC une organisation nettement composée de personnes des classes moyennes et principalement d'âge mûr, n'avait aucun problème à soutenir les American Draft Resisters (Résistants au Service Militaire) et/ou les Draft Dodgers (réfractaires) qui pullulaient alors en France et dans beaucoup de pays d'Europe de l'Ouest. Là, ils vivaient souvent dans une totale légalité, souvent en étant étudiants.Les réfractaires/résistants étaient presque tous issus des mêmes classes sociales que les membres du PACS, bien qu'ayant quelques dizaines d'années de moins Il n'y avait "pas de problème."

Mais les"soldats", les GIs, étaient une autre affaire. Quand, en décembre 1966, un GI américain fit son apparition à Paris, déclarant "Je me fous des bonzes qui se font brûler, mais je n'aime pas les conducteurs frits" , qu'il n'avait pas d'objection concernant les bonzes qui s'immolaient dans le cadre d'action contre la guerre mais que, lui, en tant que chauffeur de camion citerne empli, il ne voulait pas mourir lentement après avoir sauté sur une mine au Vietnam, la plupart des dirigeants respectacles du PACS leaders se lancèrent dans une frénésie d'inaction. Le GI, qui était venu d'Allemagne, s'installait en France; il fut d'abord considéré comme un individu isolé, exceptionnel, mais d'autres, beaucoup d'autres, des douzaines, des centaines, suivirent bientôt. La"désertion" (souvent en réalité des AWOL, Absent WithOut L - Absents sans permission) était devenu un phénomène de masse

.... Mais les choses devinrent bientôt beaucoup plus compliquées pour les mouvements contre la guerre, pour la paix, aux Etats-Unis et en Europe. Comme des soldats de plus en plus nombreux commençaient à résister, ces RITAs ne se trouvèrent plus isolés à l'intérieur de leurs unités et ils avaient tendance à ne plus partir mais de rester "à l'intérieur" et de baiser l'armée là où ils se trouvaient. Ils n'étaient liés qu'occasionnellement avec des organisations gauchistes, ou plutôt nouvelle gauche, mais avaient tendance à faire "leur truc" à leur façon. 

...Comme la résistance des Gis se développait, les mouvements pour la paix ne pouvaient pas l'ignorer plus longtemps mais les relations étaient souvent complexes. Beaucoup de peaceniks américains étaient étudiants, et opposés au service militaire. Confrontés à des soldats résistants, la plupart d'entre eux étant des engagés volontaires, la Nouvelle Gauche étudiante fut désorientée. Elle essayait souvent d'imposer ses idées aux GIs. Elle avait des difficultés à concevoir une résistance"sur le terrain", et , au début, essaya de dire aux soldats que "la désertion est la seule solution", modifié plus tard en "en dernier lieu, la désertion est la seule solution". Les luttes concernant les questions du pain et du beurre, telles que la longueur des cheveux, la nourriture ou le logement, et surtout celle du "harcèlement", n'impressionnaient pas les peaceniks qui parlaient d'impérialisme et, en Europe, de communisme. Je me souviens de la confusion la plus totale d'un gauchiste français bien pensant quant il entendit un activiste GI lui déclarer : "Le communisme fait chier, je vis au sein d'une conspiration communiste, l'Armée des Etats-Unis, où tu n'as pas de liberté, pas d'initiative privée; ils s'occupent de tes vêtements, de tes soins médicaux, etc. C'est cela le communisme, mais merci, c'est contre cela que nous nous battons"

Une FRITA célèbre fut Jane Fonda, pour qui la rencontre avec Richard Perrin en 1968 à Paris changea le cours de sa vie. Elle devint une militante convaincue contre la guerre au Vietnam, et s'engagea dans une tournée des bases Us avec une représentation "Fuck The Army" Un film du même nom en fut tiré et sortit le 12 juillet 1972. Après avoir disparu du circuit, probablement suite à des pressions de l'administration américaine des copies pirates circulèrent, avant qu'une copie "légale" ne ressorte en DVD.

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