Resistance Inside the Army - RITA - et Act
Richard Perrin
1er numéro de Act , février 1968 En haut à droite, "Plus d'infos ? Ecrire à J.P. Sartre, BP 130, Paris 14, France"
Sartre avait donné son accord pour rendre ce service aux soldats Us réfugiés à Paris, qui craignaient la surveilance policière sur le courrier reçu. Le secrétaire de Sartre relevait donc la boîte aux lettres et remettaient leur courrier aux destinataires, beaucoup vivant dans le Quartier Latin.
Sources
RITA peut à la fois désigner l'organisation elle-même, Resistance inside the army, et l'un de ses membres, Resister inside the army
Une définition de RITA a été donné par Terry Klug en 1968 et publié par Act.
Max Watts, alors engagé à Paris dans une organisation nommée le Paris American Committee to Stop the War - PACS - se souvient des problèmes qu'a soulevé l'apparition de RITA :
" Le PAC une organisation nettement composée de personnes des classes moyennes et principalement d'âge mûr, n'avait aucun problème à soutenir les American Draft Resisters (Résistants au Service Militaire) et/ou les Draft Dodgers (réfractaires) qui pullulaient alors en France et dans beaucoup de pays d'Europe de l'Ouest. Là, ils vivaient souvent dans une totale légalité, souvent en étant étudiants.Les réfractaires/résistants étaient presque tous issus des mêmes classes sociales que les membres du PACS, bien qu'ayant quelques dizaines d'années de moins Il n'y avait "pas de problème."
Mais les"soldats", les GIs, étaient une autre affaire. Quand, en décembre 1966, un GI américain fit son apparition à Paris, déclarant "Je me fous des bonzes qui se font brûler, mais je n'aime pas les conducteurs frits" , qu'il n'avait pas d'objection concernant les bonzes qui s'immolaient dans le cadre d'action contre la guerre mais que, lui, en tant que chauffeur de camion citerne empli, il ne voulait pas mourir lentement après avoir sauté sur une mine au Vietnam, la plupart des dirigeants respectacles du PACS leaders se lancèrent dans une frénésie d'inaction. Le GI, qui était venu d'Allemagne, s'installait en France; il fut d'abord considéré comme un individu isolé, exceptionnel, mais d'autres, beaucoup d'autres, des douzaines, des centaines, suivirent bientôt. La"désertion" (souvent en réalité des AWOL, Absent WithOut L - Absents sans permission) était devenu un phénomène de masse
.... Mais les choses devinrent bientôt beaucoup plus compliquées pour les mouvements contre la guerre, pour la paix, aux Etats-Unis et en Europe. Comme des soldats de plus en plus nombreux commençaient à résister, ces RITAs ne se trouvèrent plus isolés à l'intérieur de leurs unités et ils avaient tendance à ne plus partir mais de rester "à l'intérieur" et de baiser l'armée là où ils se trouvaient. Ils n'étaient liés qu'occasionnellement avec des organisations gauchistes, ou plutôt nouvelle gauche, mais avaient tendance à faire "leur truc" à leur façon.
...Comme la résistance des Gis se développait, les mouvements pour la paix ne pouvaient pas l'ignorer plus longtemps mais les relations étaient souvent complexes. Beaucoup de peaceniks américains étaient étudiants, et opposés au service militaire. Confrontés à des soldats résistants, la plupart d'entre eux étant des engagés volontaires, la Nouvelle Gauche étudiante fut désorientée. Elle essayait souvent d'imposer ses idées aux GIs. Elle avait des difficultés à concevoir une résistance"sur le terrain", et , au début, essaya de dire aux soldats que "la désertion est la seule solution", modifié plus tard en "en dernier lieu, la désertion est la seule solution". Les luttes concernant les questions du pain et du beurre, telles que la longueur des cheveux, la nourriture ou le logement, et surtout celle du "harcèlement", n'impressionnaient pas les peaceniks qui parlaient d'impérialisme et, en Europe, de communisme. Je me souviens de la confusion la plus totale d'un gauchiste français bien pensant quant il entendit un activiste GI lui déclarer : "Le communisme fait chier, je vis au sein d'une conspiration communiste, l'Armée des Etats-Unis, où tu n'as pas de liberté, pas d'initiative privée; ils s'occupent de tes vêtements, de tes soins médicaux, etc. C'est cela le communisme, mais merci, c'est contre cela que nous nous battons"
Une FRITA célèbre fut Jane Fonda, pour qui la rencontre avec Richard Perrin en 1968 à Paris changea le cours de sa vie. Elle devint une militante convaincue contre la guerre au Vietnam, et s'engagea dans une tournée des bases Us avec une représentation "Fuck The Army" Un film du même nom en fut tiré et sortit le 12 juillet 1972. Après avoir disparu du circuit, probablement suite à des pressions de l'administration américaine des copies pirates circulèrent, avant qu'une copie "légale" ne ressorte en DVD.