La résistance des GIs afro-américains



Sources

Sir! No Sir!
et particulièrement la section Bloods, Panthers and Power
African Americans in the Vietnam War

N°1 août 1970 Oceanside / Camp Pendelton
Source : Sir! No Sir !


19 janvier 1968 Fort Sam, Houston - 7 GIs noirs (Kenneth Calloway, Tyrone Exum, Alton Jones, Chip Maxwell, Robert Meek, Ronald Saunders, Zacchary Scott) distribuent des tracts demandant "Qu'arrive-t'l quand, ou plutôt si, un frère revient du Vietnam? Il doit encore être ennuyé par le sempiternel bon vieux racisme ringard. Lors d'une permission de Noël, un train de GIs s'est arrêté dans le Texas. Quelques soldats noirs sont entrés dans un restaurant pour manger mais se virent demander d'aller dans la ' zone pour noirs ' ou de manger dehors. Un frère s'est assis au comptoir pour 'white' pendant trois quart d'heure à une heure et n'a pas été servi. Il portait l'uniforme de l'armée américaine , mais il était encore noir"

Source Sir! No Sir!



Index

SNCC et Vietnam
Discours de M.L King











 

La Guerre du Vietnam vit servir dans l’armée US la plus grande proportion d’afro américains de l’histoire.

En 1962, le Président Kennedy relança le Comité Présidentiel sur l’Egalité des Chances dans les Forces Armées, pour étudier les moyens d’y attirer des afro américains qualifiés. La discrimination, les possibilités réduites d’avancement, le racisme quotidien étaient responsables de leur sous représentation (Moins de 9% en 1964). Mais avant que des mesures ne soient prises, l’escalade de la guerre au Vietnam avait changé la donne.

Les règles du Service Sélectif offraient des sursis ou des mesures dérogatoires aux étudiants ou à des personnes occupant des postes essentiels dans le civil. Ces mesures avantageaient largement les jeunes des classes moyennes et supérieures et la majorités des jeunes incorporés faisaient partie des classes sociales défavorisées, ouvriers ou au chômage.

De plus, les bureaux d’incorporation étaient composés à une écrasante majorité de blancs. En 1966, à peine plus d’1% de leur personnel était noir. Dans sept états, ils n’étaient pas du tout représentés.

Au début de l’engagement (1965-1969), les noirs, 11% de la population américaine à l’époque, représentaient 12,6% des soldats au Vietnam. La majorité d’entre eux incorporés dans l’infanterie, les pertes chez les afro-américains durant cette période atteignirent 14,9%.

En 1965, elles étaient de 25%. En 1968, les soldats afro-américains fournissaient 50% des hommes aux unités combattantes du front. Suite aux critiques que soulevèrent ces chiffres (1), des mesures furent prises par les états-majors et cette proportion déclina par la suite, et à la fin de la guerre, la proportion des pertes était de 12%.

Cette guerre vit aussi la déségrégation complète des unités pour la première fois de l’histoire. Ordonnée par le Président Harry Truman en 1948, effective dans la marine et l’aviation au début des années 1950, la déségrégation ne fut achevée dans l’armée de terre qu’après la fin de la guerre de Corée. Auparavant, depuis la guerre d’Indépendance jusqu’à la guerre de Corée, les noirs étaient regroupés dans des unités séparées, généralement commandées par des officiers blancs.

Les tensions raciales qui traversaient la société civile américaine n’épargnaient pas les forces armées, même si elles étaient réduites dans les unités du front par le partage du danger. Les émeutes de Watts et de Harlem et encore plus l’assassinat de Martin Luther King en 1968 suscita dans l’armée même d’importants troubles raciaux.

A la base navale de Cam Ranh Bay, au Vietnam (RVN), des soldats blancs arborèrent des insignes du Ku Klux Klan, brulèrent des croix et montèrent le drapeau confédéré.

Des prisonniers noirs, beaucoup d'entre eux emprisonnés pour crimes, déclenchèrent une émeute à la prison militaire de Long Binh, qui dura plusieurs semaines. Un soldat blanc fut tué. Aux Etats-Unis, des incidents raciaux éclatèrent à Camp Lejeune et Fort Benning, notamment

Photo: Flax Hermes

Le VietCong ne nous a jamais appelés nègres.

Le VietCong sut tirer partie de ces tensions, en appelant les noirs américains à ne pas participer à la cette guerre, qui n'était pas la leur. Des tracts étaient laissés dans la jungle. “Ils nous appellent faces de citrons ici et vous nègres là-bas. Vous êtes semblables à nous. Partez; ce n'est pas votre combat"


(1) "a white man's war, a black man's fight." – Une guerre des blancs faite par les noirs, selon les termes de Martin Luther King

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novembre 2007