Liberation News Service

Source :

The Movement and the New Media
http://www.nuevoanden.com/rag/newmedia.html


Thorne Dreyer est l'un des fondateurs du Rag. Victoria Smith a commencé comme journaliste au St. Paul Dispatch. Dreyer et Smith ont travaillé ensemble à Liberation News Service et à Space City à Houston.

Il s'agit ici de larges extraits de l'article original. Le chapitre Our Underground Roots paraîtra dans un historique de Liberation News Service


Ray Mungo Famous Long Ago My Life And Hard Times With Liberation News Service Citadel Press
1970

A lire en ligne à Moment by Moment http://www.sunrisedancer.com/

L'analyse de Ray Mungo sur l'évolution du mouvement diffère de celle de Thorne Dreyer et 
Victoria Smith. 

Je reproduis ici des extraits d'une lettre traduite du livre  


15 Avril 1968:
"Une lettre à mes amis" 

Chers amis,

Pendant quelques temps notre barda a voyagé ensemble..

La seule force qui m'a rendu ce pays tolérable pendant mon adolescence fut le Mouvement, un terme et un groupe qui a de moins en moins de sens

A une époque, le Mouvement était aisément reconnaissable, comme les gens en bas de l'échelle qui souffraient le plus, qui portaient des badges du SNCC buttons (mains blanches et noires qui se serraient) et qui ne croyaient pas que John Kennedy personnifiait tout le rêve américain. Les gens dans le Mouvement était chaleureux & attentifs envers les autres personnes du Mouvement, aussi bien qu' envers les autres en général; c'étaient des gens sans manière, funky, qui s'habillaient simplement et qui partageaient toujours le moindre de leur avoir personnel. Il faisait bon, on se sentait bien, cela semblait sacré d'être dans le Mouvement. Cette petite lumière à moi...

Le Mouvement est mort bien avant que ne meurt Martin Luther King mais il était un symbole et sa mort a un air de finalité pour le Mouvement . Ce que nous appelons maintenant "le mouvement" est aujourd'hui un millier de mouvements avec un millier d' inhibitions, de restrictions et de complexes interpersonnels (Ce qui ne signifie pas que je sois dérangé par le Black Power comme mouvement séparatiste, bien au contraire, je le trouve inspirant et nécessaire, mais je suis extérieur à lui) Ce qui a commencé comme un petit groupe ...est devenu des millions et des millions. Les "organisateurs locaux" n'ont organisés aucune localité. Le mouvement contre la guerre (dans ses centaines de variantes) n'a pas mis fin à la guerre; pire que tout, le mouvement contre la guerre (anciennement "mouvement de la paix") a été lentement assimilé par l'opinion publique avec des forces profondément pro-guerre—Kennedy, McCarthy, les hommes d'affaires etc., des gens qui ne sont pas en désaccord avec la moralité du meurtre mais qui voient cette guerre, ce moment comme improductif.

Je ne cherche pas à reconstruire le mouvement original, parce que je pense que nous avons tous appris de nos erreurs et que notre optimisme originel , nos espoirs de réformes de la nation sembleraient désespérément naïves aujourd'hui.. Je cherche à redécouvrir cependant la joie et le but que portait ce mouvement et de les appliquer à une révolution de la vie, ma vie, vos vies —pas les vies de je ne sais quelle circonscription silencieuse au nom de laquelle nous parlons. la révolution, c'est nous, c'est maintenant ...

L'Amérique doit être détruite, comme entité identifiable et être remplacée par l'humanité. L'Amérique est un mythe —un rassemblement de gens sous un titre qui n'a pas de sens. Qui de nous est assez fou pour être fier d'être né en Amérique - en opposition avec quelque part ailleurs ? Quelle putain de différence cela fait-il ?

...Maintenant, ici, mes frères et mes soeurs, on doit réunir notre barda ensemble! on doit écrire ensemble, peindre ensemble, dormir ensemble, avoir des enfants ensemble, étudier ensemble, construire ensemble, aimer ensemble, publier ensemble, jouer ensemble, faire de la musique ensemble, dire OUI OUI OUI ensemble! On doit, on doit, on doit!

...Juste avant que je n'aille en Tchécoslovaquie, Thorne Dreyer et moi étions assis avec trente cinq autres dans un appretement dont les propriétaires étaient les éditeurs de la revue Viet-Report . Chaque personne devait se présenter. Thorne dit seulement "Je suis l'éditeur du Rag et je suis prêt." Je suis prêt. Je suis prêt "Prêt à quoi?" ais-je demandé. Je ne demanderai plus jamais....

peace & freedom,


(1) Marshall Bloom - Co-fondateur avec Ray Mongo du Liberation News Service. Il a écrit également quelques articles pour Le Rag. Il s'est suicidé le 1er novembre 1969. 
Plus bientôt.

(2) Todd  Gitlin  - Ancien président du SDS. Enseignant à Berkeley et Columbia (journalisme, sociologie)
Ecrivain, The Sixties: Years of Hope, Days of Rage (1987) que l'on peut lire en ligne sur Moment by Moment
Il a écrit des articles pour Dissent
Son site : http://www.toddgitlin.net/

(3) United Auto Workers (UAW) - syndicat des ouvriers de l'automobile, l'un des plus importants syndicats américains

(4) Avril 1968 Voir le chapitre Columbia


(5) Large offensive de l’armée nord-vietnamienne et de vietcong lancée dans la nuit du 30 au 31 janvier 1968 sur les principales villes du Sud Vietnam et la base américaine de Khe Sanh.
lLambassade américaine à Saigon est occupée et sera tenue pendant près de sept heures.
Si sur un plan purement militaire, cette offensive n'eut pas de résultats immédiats, elle contribua au retournement de l'opinion américaine quant à l'issue du conflit.

(6)
Ron Cobb a commencé à travailler pour...Disney à Burbank, Californie. Licencié en 1957, il fait différents boulots avant que de partir au Vietnam en 1963. A son retour, il rejoint le Los Angeles Free Press en 1965.

Il réalisera la couvertures de l'album After Bathing at Baxter's pour Jefferson Airplane en 1967

Il participera ensuite au design de nombreux films Star Wars (1977), Alien (1979), and Conan the Barbarian

Dessin de Cobb


"Mes chers compatriotes ..."
(Réelection de Johnson 1968)
 















Le Mouvement et les nouveaux médias - Thorne Dreyer et Victoria Smith

Article distribué à l'origine par Liberation News Service le 1er mars 1969


“Ces feuilles obscènes sont aujourd'hui des cocktails Molotov jetés à la face de la respectabilité et la décence de notre nation.”
—Joe Pool, ancien représentant du Congrès pour le Texas et Président en exercice du House Un-American Activities Committee

Quand une nation comme l'Amérique qui a tant à coeur sa 'démocratie’parlementaire, qui ne jure que par ses droits inaliénables rights, censure ouvertement ‘la liberté d'expression’ quelque chose ne doit pas tourner ronds

Dallas Notes: Local saccagé deux fois par les flics à la recherche de “pornographie.” Les flics ont confisqué quatre machines à écrire, des appareils photo, du matériel pour chambre noir et dessin, les livres de compte, des livres, des posters, un bureau, une table à dessin, tout ce qui pouvait être volé en vrac et embarqué. Ils ont gardé les trophées. Arrêtés le personnel pour “pornographie.”

Kaleidoscope (Milwaukee): L'éditeur est condamnépour “obscénité” — 2 000 $ d'amende et deux ans de mise à l'épreuve en appel.. La loi sur l obscénité a été écrite spécialement pour les journaux. La voiture de l'éditeur a été détruite par une bombe incendiaire et les vitres soufflées. Le local a été victime d'un attentat à la bombe.

Great Speckled Bird (Atlanta): La Local Parents’ League for Decency commence une campagne nauséabonde contre les journaux. Les tracts disent , “…les personnes responsables sont dérangées à juste titre par le sacrilège, la pornographie, la dépravation l'immoralité et les appels à l'insoumission… Mettons fin à ce flot d'immondices avant qu'il ne blesse DAVANTAGE d'enfants qu'il ne l'a déjà fait” La municipalité est à l'origine du harcèlement, menaçant d'une enquête par un grand jury.

Xanadu (St. Louis): Le chef de la police guerroie contre le journal et son prédéceseur le Daily Flash. Un de ses membres a été arrêté pour détention d'herbe par un agent en civil déguisé en hippie.

Kudzu (Jackson, Miss.): Des membres de la rédaction arrêtés pour “obscénité” rap. quatorze membres et amis frappés par les policiers municipaux. Appareils photos et journaux confisqués

Open City (Los Angeles): Editeur condamné pour obscénité. A pris six mois et 1 000$ d'amende. Arrêté une seconde fois, même accusation. .

Tous les autres journaux underground du pays : vendeurs arrêtés, panneaux publicitaires perdus, écoutes téléphoniques, intimidation dans les dépôts, membres des rédactions arrêtés, attaqués ou appelés à l'armée, harcelés de toute les façons imaginables.

La presse underground a évolué depuis la lumière et la suavité de ses premiers jours et est devenue culturellement outrancière et politiquement révolutionnaire. Ce qui a entrainé colère et inquiétude parmi ceux dont les intérêts s'y opposent.

En même temps que se développent les médias radicaux, et en même temps qu'ils se radicalisent, il en va de même pour les tentatives de les réprimer.

Le réveil

La presse underground est née par nécessité. Quelque chose se passait, qui demandait de la visibilité. Des poches de vie commençèrent à percer dans les terres arides de l'Amérique Un souffle étrange de découverte soufflait à travers le pays, portant avec lui l'odeur prégnante de l'herbe et du sperme . Les jeunes commençèrent à fumer, à baiser à découvrir leur tête et leur corps , et le plus important, leur manque de liberté. Et en même temps qu'ils se rassemblèrent, le Flic survint — faisant de la joie et de la paranoïa les compagnons de lit du nouveau réveil.

C'étaient ces deux états d'esprit qui avaient besoin d'une expression. Pour diffuser la glorieuse parole et pour rendre publique les réalités douloureuses du système, il y avit besoin d'un medium . Les tabloïdes variés apportèrent eux-mêmes les étranges cris de joie beaux et colorés . Et la nécessité de consolider les forces contre l'ennemi (encore à définir mais certainement omniprésent) ont fait du journalisme une tactique extrêmement judicieuse.

Ce sont ces mêmes deux éléments —le positif et le négatif, la vision d'une nouvelle voie et la nécessité de détruire l'ancienne, l'amour et le feu— qui se sont engagés dans une interraction dynamique alors qu'avait émergé une gauche d'un genre nouveau en Amérique.

Au début, il y eut beaucoup de foi en ce que la joie et la liberté pourrait réaliser maintenant et ici, dans les entrailles même du leviathan. Nettoies juste ton esprit des mauvaises vibrations, envoies-toi beaucoup en l'air, parles-en à un ami.. La Parole se répandra si vite que l'ordre ancien s'écroulera avant même que vous ayez le temps de prononcer acid-head. Et sinon, nous pouvons toujours créer notre communauté d'amour.

Ce qui s'est effondré ne fut pas l'ordre ancien. Ce fut le désenchantement vis à vis de la réalité objective qui dégrisa beaucoup de prophètes. La Parole sortit haut et claire : il faudarait plus d'un chuchotement et d'une pilule pour faire s'écrouler ces murs. Et qu'importe si les vibrations que vous émaniez étaient belles, vous ne pourriez pas créer une bonne société dans les entrailles du corps pourrisant.

La leçon fut retenue: Nous ne pouvions pas remodeler nos vies individuellement; les institutions du systèmes capitalistes les déterminent trop; la lutte collective est une nécessité et une nouvelle liberté ne peut être construite que sur les cendres de l'ordre ancien. Non pas quee nous nions ou réprimions notre joie, sans quoi nous rendrions notre vision purement intellectuelle, mais parce que nous devons comprendre les limites de ses possibilités, en essayant continuellement de rendre nos vies meilleures dans le contexte d'une lutte plus large.

Nous parlons de cette dynamique parce que la comprendre est essentielle pour la compréhension des changements survenus dans la presse underground depuis sa naissance jusqu'à maintenant et où nous pensons qu'elle doit aller à partir de là.

“Ils savent que plus leurs journaux sont sales et obscènes, plus ils attireront de lecteurs irresponsables qu'ils veulent recruter dans leur croisade pour détruire ce pays ”
—Joe Pool

Nous allons vers des changements

La presse commerciale, les faits après des mois cessent d'être de l'information, a sorti un vrai scoop: la presse underground est devenue politique ! Des articles simplistes, comme celui de John Leo paru dans le New York Times du 4 Sept.1968, théorisait sur le fait que Liberation News Service était le coupable—responsabled'avoir mené les journaux hippies dans la boîte de pandore de la politique.

C'est faux. Ce sont les conditions de la société qui ont mené les journaux à la politique. Mais il est tout aussi indéniable que LNS fut instrumental dans cette évolution, ne serait-ce qu'en aidant à la rendre techniquement possible.

A l'automne 1967, lorsque LNS commença à envoyer des paquets de nouvelles sporadiques à partir d'un local-communauté de Washington, D.C., des changements majeurs pour le mouvement étaient en train de l'extérieur et de l'intérieur. Les rebelions à grande échelle dans les ghettos de Detroit et Newark avaient infecté l'Amérique et le mouvement avec un sentiment d'apocalypse violente. La présence inéluctable de la répression, faisant sentir son haleine derrière le dos des radicaux aussi bien blancs que noirs, stimula la naissance d'une “nouvelle militance” parmi la jeunesse.

En un mois, Octobre 1967, nous avons vu des confrontations sanglantes entre les flics et les jeunes au  Pentagone, à l'Université du Wisconsin et à Oakland, Californie, pendant la semaine de Stop the Draft. Les jeunes ont combattu les force de l'ordre et de la loi sur les campus et dans les rues. Et ce n'était pas seulement les jeunes qui prenaient les grumeaux. .

L'Amérique straight fut outragée, mais le mouvement tirait son énergie de sa nouvelle image.Ces luttes, et la couverture dont elles bénéficiaient dans les médias de l'establishment, firent de la nouvelle gauche une réalité que l'Amérique ne pouvait pas ignorer plus longtemps. Pour ceux dont les intérêts demandaient le maintien du status quo, une chose était claire: ces jeunes étaient sérieux à mort. Ils n'étaient pas simplement des mutants hédonistes indulgents des classes moyennes cherchant une paix intérieure; ils étaient porteurs d'une analyse qui désignait les institutions de l'état comme l'ennemi et ils commençaient à agir en accord avec leur analyse.

Les gens qui faisaient les journaux underground étaient les mêmes qui étaient dans les rues. Beaucoup avaient été des flower children: leur perspicacité prophétique avait été matraquée par les flics et marchandisée auprès de la populace par les maîtres de la récupération. Mais si l'harnachement était récupérable, la vision ne l'était pas. C'était comment concrétiser cette vision qui demandait une réévaluation. Cela ne viendrait pas par l'isolement de la société. Vous ne pouviez pas échapper à la réalité extérieure—elle te brisera à coup sûr. Et même si vous étiez capables de créer un paradis sur terre, une poche d'utopie, qu'en serait-il du reste du monde? Et de ceux qui ne partiraient pas d'une situation de privilègiés matériels, pour ceux pour qui fais ton truc est inimaginable?

C'était ce genre d'évolution que traversaient les jeunes. les journaux, qui étaient tous des extensions des commmunautés hip, reflétèrent ces évolutions.

... Changer d'état d'esprit n'était pas suffisant : des conditions objectives créent ces mauvaises vibrations. Il était maintenant nécessaire d'analyser ces conditions sur un plan national et international. Le mouvement avait mis en place une variété d'organismes dynamiques—le besoin évident maintenant était un système nerveux central.

Un service national d'information était clairement l'étape suivante. La seule question était de savoir qui lui ferait voir le jour. Il advint que Marshall Bloom (1), un jeune homme imaginatif, fut celui-ci.

...

“Le plan de ce syndicat de la presse underground est de tirer avantage de cette partie du Premier Amendement qui protège les journaux et leur garantit la liberté de la presse .”
—Joe Pool

En quoi nos médias sont-elles différentes ?

Chaque jour des millions de feuilles imprimées de gris sortent des grandes presses commerciales de l'Amérique Chaque jour, ces feuilles grises se fraient leur chemin jusque dans les foyers américains, dans les esprits américains. Mais dans cette mer de gris surgit une éclaboussure de couleur— la presse. underground Des petites Small presses offset remplirent leur fontaine d'encres de toutes les couleurs, en même temps que des artistes graphiques laissèrent leur imagination courir librement. Les écrivains libérèrent le pronom personnel de son exile journalistique et les forces créatrices tabous dans la presse de l'establishment. Les poèmes se lisaient d'eux-mêmes pour leurs lecteurs. L'imprimerie devenait un medium visuel autant qu'intellectuel. Les pages de la presse underground criait souvent tacitement (et quelquefois explicitement) “Va te faire enculer” aux journaux de l' establishment

...Une “donnée” journalistique que refusent d'accepter les nouveaux médias est l' “objectivité.” L'objectivité journalistique est si élémentaire dans le milieu que les écoles de journalismes n'ont même pas besoin de la discuter beaucoup. Les journalistes la prennent comme axiome. Le principe d'objectivité présuppose que la distance et le non-engagement d'un écrivain avec son sujet en assure l'exactitude. Le fait est valide et l'opinion ne l'est pasi (sauf en ce qui concerne la page éditoriale).Dans les médias du mouvement, cependant, l'engagement et l'expérience sont des pré-requis pour le bon journalisme, pour un journalisme libéré . Une fois libéré des contraintes illusoires de l'objectivité, il est possible d'explorer de nouveaux niveaux de créativité et de communication. Personne n'attend de vous que vous vous réclamiez d'un “porte-parole de sources fiables et autorisées proche d'un porte-parole bien informé…” Quand vous avez quelque chose à dire, vous le dites.

...Ceux qui écrivent, impliqués dans l'action, gardent une perspective analytique. Ils n'endossent certainement pas le rôle d'un observateur détaché, cherchant seulement les "faits" bruts Comparez cela à n'importe quelle couverture par un journal commercial d'une même grêve —information, minimale; analyse, non-existante; penchant, implicitement vers le côté de la “loi et de l'ordre” (sous le saint prétexte de l “objectivité,” bien sûr).

L'implication de la plupart des journalistes du mouvement va au delà de l'engagement sporadique dans des actions spécifiques. Gitlin (2), par exemple, un des fondateurs du SDS, s'est impliqué dans différents projets du mouvement depuis des années. A l'époque, il écrivait des articles sur [l'université de] San Francisco State, il était un élément important du Express Times. Les personnes impliquées dans le mouvement journalistique se voient généralement d'abord comme des militants ou des organisateurs, ensuite comme des journalistes Un engagement premier dans le journalisme en tant que journalisme ressemble à du professionnalisme bourgeois pour beaucoup d'entre nous : Tu es un organisateur radical, pas un journaliste qui n'aime seulement pas la définition de establishment de ton travail.Plus à ce sujet bientôt. Pour l'instant, examinons la presse commerciale et comment elle utlise l' “objectivité” pour déguiser ses propres partis pris.

Le journalisme radicale place des évènements isolés et des données dans un contexte Les médias commerciales n'amettent pas seulement de lier entre eux les faits qu'elles présentent mais elles détruisent en outre le sens de la continuité et de l'histoire dans l'esprit des américains. Au nom de l'objectivité, elle raconte des évènements; les lecteurs sont supposés libres de se faire leur propre jugement mais les gens lisent leur quotidien et ne sont font pas de jugement du tout, si ce n'est qu'une grande partie de ce qu'ils lisent n'a pas beaucoup de rapports avec leur vie quotidienne. Il parle de Jackie Onassis, Lyndon Johnson, des patrons de l' UAW (3), Charles De Gaulle, de la police locale. De tous les personnages et institutions que les médias transforment en légendes. Généralement, les gens répondent à ce qu'ils lisent dans les journaux à un niveau conscient ou semi-conscient. La révolte à l'Université de Columbia (4) est mal Le vol des astronautes vers la lune est bien . Les Etats-Unis négocieront un accord honorable au Vietnam.

Des sujets “neutres” comme la constitution du nouveau cabinet du Président laisse un blanc. La presse américaine ne permettrait jamais aux journalistes et aux analystes de rechercher les intérêts économiques derrières personnalités gouvernementales. Même si quelque journaliste entreprenant pensait à la faire, et même si une telle recherche était publiée, les lecteurs ne sauraient quoi faire de cette information.. La presse a réussi à fragmenter la conscience de son audience. Une grève des étudiants noirs au New York College, une grève d'ouvriers intérimaires à Chicago et une interminable guerre inflationniste dans le Sud-Est asiatique sont des évènements liés, mais cette perspective ne fait pas partie de la conscience américaine.

Pourquoi les gens ne peuvent-ils pas mettre en rapport ces évènements par eux-mêmes, pourqoui ne les placent-ils pas dans un contexte par eux-mêmes ? La réponse nous entrainerait dans une explication sur la manipulation des esprits américains sous toutes ses formes par le pouvoir, la presse américaine étant peut-être l' institution cruciale dans ce contexte, avec le système éducatif américain. Ce qui ressort de tout cela : l'attitude de la presse commerciale qui sert à parcelliser la compréhension de ses lecteurs est devenue une seconde nature chez les membres de la hiérarchie de l'information, du directeur de la publication à l'éditeur jusqu'au journaliste.

...La presse commerciale, du prestigieux Washington Post jusqu'au provincial St. Paul Dispatch, possède un langage commun . C'est un langage rebatu, mais un langage que la plupart des américains reconnaissent, intériorisent et acceptent. Les distortions à la fois du langage et du reportage général au sujet de la guerre du Vietnam démontre comment opère l'“objectivité” journalistique dans la presse américaine (...) Nous lisons ou nous entendons fréquemment parler de“mitrailleuses communisest ,” ou de“ forces communistes” Mais le communisme est un système politico-économique. Quand avez-vous entendu parler pour la dernière fois de  “mitrailleuses capitalistes ?” La presse transforme le terme “officiel”en synonyme de "vérité". quand des statistiques “officielles” sont citées, elles ont le poids de la parole de Dieu. La terminologiequi se développe dans les sources“officielles” américaines deviennent rapidement des lieux communs journalistiques. Comme un terme aussi faussé que “pacification”

Bien sûr, l'offensive du Tet (5) par le FLN au début de 1968 a démasqué la façon dont la presse avait distordu le cours de la guerre. L'évenement fut ressenti comme un tel choc par le peuple américain parce que la presse ne leur avait fourni aucune indication sur le fait que les Etats-Unis étaient en train de perdre la guerre.

Ce que nous avons dit ici au sujet de la presse commerciale ne représente qu'une partie de l'analyse complète des médias que le mouvement voit comme nécessaire. Comme un réalisateur radical l'a dit , “si tu as une critique des médias, tu as une critique de la société.” une telle critique doit dépasser le seul fait de déplorer la consolidation des médias par exemple. Quelle différence cela fait-il si une ville a un, deux ou même trois journaux pro- establishment? Ou si le pays a deux agences de presse ? La compétition entre les agences de presse commerciales est morte, si elle n'a jamais existé. Comme partie intégrale du capitalisme d'entreprises , la presse doit seulement servir les intérêts majoritaires de la grande entreprise: Ainsi une critique radicale des médias parle de la manipulation, du contrôle, des relations de la presse avec l'ordre capitaliste dans sa totalité.

...Le mouvement de la presse lutte pour transformer le medium textuel et linéaire en un medium visuel qui communique sur davantage de plans que celui strictement intellectuel. Chaque numéro d'un journal bien fait est conçu comme un tout artistique et non seulement comme X de pages d'imprimerie. La presse offset a rendu possible la créativité dans les journaux. Le procédé offset est moins cher, plus flexible et plus facile à manier que la presse à caractères.

...La poésie vit une sorte de renaissance dans le muvement de la presse. Pour les radicaux, un poème peut être une forme de représentation politique, au sens le plus large, même si il ne parle pas directement de révolution politique. Vous voyez souvent une double page avec des dessins, consacrée à un ou deux poèmes, imprimée en gros caractères imposants . Et, en fait, beaucoup des meilleurs écrits dans les journaux du mouvement reflètent le langage de la poésie—libre, imaginatif, sans retenue, presque visuels.

Les caricatures et les bandes-dessinées sont un autre medium dans lequel l'impression devient visuelle. Ron Cobb (6) , un dessinateur du L.A. Free Press, a fourni quelques-unes des satires les plus mordantes apparues dans le monde de la caricature américaine actuelle. Grâce à la politique de reproduction de l' UPS , les journaux du mouvement diffusent ses oeuvres dans le pays entier.


A suivre...

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novembre 2007