“La liberté de la presse est garantie seulement à ceux qui la possèdent” A.J. Liebling’s New Yorker, 14 Mai 1960






Parmi les tous premiers journaux underground des années 1960 : East Village Other, San Francisco Oracle, Los Angeles Free Press, Berkeley Barb, et The Paper, de East Lansing, Michigan.
Les éditeurs de ces cinq journaux formèrent le Underground Press Syndicate (UPS), en 1966,rejoint rapidement par beaucoup d’autres. Les membres de l’UPS partageaient les copyrights et les informations, attirant collectivement les gros publicitaires qui permettaient aux revues de fonctionner financièrement

Underground Press Syndicate Directory. ([Phoenix, Arix.]:
Orpheus Magazine, [1969?] Ecrit et édité par Thomas King Forcade


Liberation News Service, (N.Y). En 1967, Raymond Mungo assistait à une rencontre en Tchécoslovaquie entre des journalistes de la presse radicale et des représentants du Front National de Libération du Sud Vietnam. Après une discussion sur la façon d’augmenter la pression  aux Etats-Unis pour mettre un terme à l’engagement américain dans la guerre du Vietnam, Mungo et un ami, Marshall Bloom, fondèrent le Liberation News Service (LNS). L’agence envoyait deux fois par semaine un paquet d’articles et de photos aux membres des publications underground. Grâce à ses contacts avec les groupes radicaux  occidentaux et les mouvements de libération du Tiers Monde, LNS a apporté à la presse underground une perspective mondiale qui lui faisait défaut .

Index

San Fransisco Oracle 1
San Fransisco Oracle 2

Fifth Estate

The Rag

The Great Speckled Bird

Kaliflower

Le Mouvement et les nouveaux médias












                                                                    

La Presse underground

"Le phénomène multi facettes de la presse underground défie les tentatives de définitions précises....Beaucoup de définitions du terme "underground" ont été offertes .Un ancien éditeur d'un journal underground majeur, Michael Fellner de Take Over à Madison, définit la presse underground comme "un medium qui contestait les limites de la politique et du journalisme" Dans la même veine, Laurence Leamer l'appelle "un medium révolutionnaire qui entrelace la vie personnelle, le journalisme et l'activisme ".

D'un autre côté , Robert J. Glessing en a une vue plus étroite, affirmant que :

"Le terme contemporain de "presse underground" découle de la floraison de journaux anti-establishment du début des années 1960 quand la plupart d'entre eux reflétait la ciulture américaine de la drogue. Puisque la drogue était, et est, illégale, le nom de "presse underground" apparut et resta" (1)

Si l'on traduit littéralement en français le terme "underground" par souterrain, clandestin, aucun de ces journaux n'étaient "underground, à l'exception de Osawatomie, publié par la Weather Underground Organization en 1975

Avant le début des années soixante, deux journaux sont considérés comme pionniers dans le journalisme Us de la future "presse underground" : 

The Village Voice, à New York, qu'aida à lancer Norman Mailer en 1955. The Voice "rompit avec le style de journalisme impersonnel et "objectif", contesta les barrières entre les mots et le sujet traité et se nourrit des centres d'intérêts de sa communauté" Susan Torian Olan

Le Realist, fondé en 1958 par Paul Krassner."The Realist," selon l'un de ses journalistes, c'était " le Village Voice avec sa braguette ouverte." (2)

"Alors que le Voice contestait les barrières journalistiques et les conventions sociales, le Realist, les violentaient" (1)  

Se voyant refuser l’accès aux médias conventionnelles – journaux, TV …- les militants de la contre culture créèrent leurs propres journaux
"La presse underground est née par nécessité . Quelque chose se passait et demandait une visibilité" (3) 

Allan Katzman "La presse est en train de perdre son pouvoir de reporter des évènements spontanés. Mais elle est en train d'en gagner un nouveau - créer des évènements ; de transformer la collecte d'informations en fabrication d'informations. Les journaux faits de pseudo-évènements, de fuites et de communiqués de presse n'offensent personne; Ils ne prennent pas de position morale . Ils sont juste.. neutres. Ils meublent nos vies ennuyeuses et répétitives de 'nouvelles' ennuyeuses et répétitives " (2)

Le Los Angeles Renaissance Faire le 1er mai 1964 vit la naissance de ce qui est considéré comme le premier journal underground, le Faire Free Press, fondé par Arthur Kunkin, qui sera rebaptisé peu de temps après Los Angeles Free Press ou plus familièrement le Freep.

Le Berkeley Barb apparut le 13 août 1965, fondé par Max Scherr. De nombreux autres suivirent. Le Underground Press Syndicate (UPS) 

Le Underground Press Syndicate, revendiquait, en 1972, 200 membres qui cumulaient un tirage de 1 500 000 (1) Dans la presse traditionnelle, on estime que 6 lecteurs lisent un même exemplaire et on arrive donc à ue audience de 9 millions de lecteurs pour la presse underground au début des années 70 (1)

Le L.A Free Press eut une diffusion officielle enregistrée par le Audit Bureau of Circulation de 90 000 exemplaires, en 1971, ce qui en faisait le second quotidien payant aux Etats-Unis.(1)

Allen Cohen éditeur du San Fransisco Oracle "Nous avions commencé le journal en sortant 3 000 numéros et nous sommes passes graduellement à environ 15 000 pour l’ Oracle #4. Nous avons bondi à 50 000 pour le #5, le numéro du Be-In et passé à environ 125 000 pour l’ Oracle #7. Nous estimions que cinq personnes ou plus lisaient un exemplaire , soit plus de 500 000 lecteurs "

L’ invention de la presse offset offrait une technologie bon marché, avec une reproduction facile . Quiconque possédant une machine à écrire et un peu d’imagination pouvait publier un journal sans disposer d’un gros capital de départ.

Les publications innovaient avec de nouvelles formes de texte et de graphiques, incluant une prise de liberté par rapport aux dispositions traditionnelles de la pagination, l’usage intensif de la couleur et le l’imagerie psychédélique, le collage, les caractères stylisés.

Le texte imprimé n’était pas toujours en colonnes droites mais imbriqué dans et autour des illustrations. Celles-ci utilisaient souvent la technique du collage, autre innovation de la presse underground. Les couleurs pouvaient se mélanger grâce à une technique d’encrage dite “split fountain”, créant ainsi des effets de couleur originaux.

La presse underground a profondément influencé les journaux classiques. Ces derniers ont ouverts leurs colonnes à des genres culturels nouveaux. La jeunes génération de journalistes, certains d’entre eux ayant fait leurs premières armes dans l’underground, se sont inspirés du langage et des formes rédactionnelles de celle-ci.



(1)
The Rag:A Study In Underground Journalism  Susan Torian Olan 
http://www.utwatch.org/archives/ragthesis/index.html

(2) The Underground Press Jacob Brackman http://www.trussel.com/f_mel.htm#brackman

(3) The Movement and the New Media Thorne Dreyer Victoria Smith
http://www.nuevoanden.com/rag/newmedia.html

(4) Notes Additionnelles sur le S.F. Oracle  Allen Cohen



février 2005
  Mise à jour : avril 2008