Mouvements radicaux des Femmes US


Le symbole féministe - un poing fermé à l'intérieur du symbole biologique féminin - est né à l'occasion de la manifestation contre l'élection de Miss Amérique en 1969. Comme décrit à l'époque, il est "rouge menstruel" sur fond blanc, bien qu'il soit apparu depuis sous différents aspects et couleurs.



Notes :

(1)
Lire à ce sujet la lettre ouverte de Jane Alpert
(2) RAG MEMOIRS: Fall 2005




INDEX

Women's International Terrorist Conspiracy from Hell

Lettre ouverte de Jane Alpert aux femmes du Weather Underground

Chicago Women's Liberation Union

Jane

Liens










Les années soixante, dans ce domaine comme dans la plupart des autres, n'ont rien inventé. Une première vague de revendications des femmes avait eu lieu durant l'entre deux gurees, conduisant notamment au droit de vote. C'est ainsi que l'on appelle "seconde vague" le mouvement féministe des "sixties", en référence à cette "première vague"

Comme dans tout mouvement des années soixante, celui des femmes est hétérogène, composé de courants au sein des "politiques" - radicaux, libéraux, socialistes....- et des "apolitiques", dont l'histoire est parsemée de scissions.

La seconde vague a été confrontée à une double réalité : En premier lieu, celle de "l'establishment" et du traditionnel rapport hommes/femmes dans la société. 

En second lieu, celle des milieux radicaux, qui reproduisaient la plupart du temps ces mêmes rapports.(1)

Une anecdote, qui m'apparaît révélatrice, est celle racontée par Sharon Shelton-Colangelo , une membre bénévole du journal underground d'Austin, The Rag.

"Mon histoire au Rag comprend ce qui a bien pu être mon premier moment de prise de conscience en tant que femme. A cette époque nous avions un nu en page centrale et quand les ventes étaient en baisse, on le plaçait en couverture. Pendant l'une de ces périodes de ventes en déclin, nous discutions de qui serait photographié pour le nu de la première page et quelqu'un a dit , “Et pourquoi pas toi, Sharon? Tu n'as jamais été le nu.”

C'est vrai, je n'avais jamais été le nu, mais quelque chose à l'intérieur de moi se rebellait contre l'idée de me déshabiler pour vendre le Rag. Ce n'était pas que j'étais prude. Je m'étais déjà certainement baignée à poil et je parlais autant que les autres de libération sexuelle. Mais je ne voulais pas poser pour le Rag, et après avoir eu à répondre aux accusations d'être provinciale (j'étais de Wichita Falls, après tout), je me suis entendu dire, “Pourquoi pas un mec?” “Pourquoi pas un homme nu ?”

Un homme nu? Tout le monde a ri. Ca ne ferait pas vendre des Rags. Quelle idée ridicule! Mais même si nous riions tous (moi compris) j'ai échangé des regards complices avec les autres femmes présentes. Pourquoi est-ce que c'étaient nos corps qui vendaient des Rags? En quoi était-ce différent de ce qui se passait dans la société ?" (2)

Plus infâme et significative, la réponse de Stokeley Carmichael en 1964, à une femme qui lui fait remarquer la position des femmes au sein de l'organisation :  "La seule position pour les femmes au SNCC est à plat-ventre."

"Quand on examine n'importe quel groupe pour chercher celui qui est le plus opprimé, c'es toujours celui des femmes. . . .Regardez seulement une femme et vous verrez l'histoire de la vraie oppression dans cette société. Dans notre cas, l'oppression à trois volets. D'abord l oppression du capitalisme qui affecte tous les peuples du Tiers Monde. Deuxièmememnt, l'oppression du capitalisme qui affecte les femmes en termes d'emplois et autres; et troisièmement, l' oppression que nous subissons de nos propres hommes."  Denise Oliver, Young Lords Comité Central , 1970

Ce chapitre - comme les autres de ce site - n' a pas la prétention de faire le tour de la question, ni encore moins de fournir une quelconque analyse. Il s'attache plus particulièrement à quelques groupes radicaux. Les liens permettront, comme d'habitude, aux personnes intéressées, d'approfondir le sujet 






mars 2008