Nous affirmons l'idée philosophique ou religieuse de non violence comme fondation de notre but, comme présupposition de notre croyance et comme manière d'action.
La non violence, telle qu'elle ressort de la tradition judéo chrétienne, recherche un ordre social juste permis par l'amour. Le respect du comportement humain représente le premier pas crucial vers une telle société.
A travers la non violence, le courage remplace la peur. L'amour transcende la haine. L' acceptation dissipe le préjudice, l'espoir met fin au désespoir. La foi réconcilie le doute. La paix domine la guerre. L'estime mutuelle élimine l'hostilité; La justice pour tous renverse l'injustice. La communauté rédemptrice supplante les systèmes sociaux immoraux.
En appelant à la conscience et en s'appuyant sur la nature morale de l'existence humaine, la non violence nourrit l'atmosphère dans laquelle la réconciliation et la justice deviennet de réelles possibilités.
De la même manière que chaque groupe local du mouvement devra immédiatement mettre en pratique le sens sans ambigüité de cette déclaration de principes, chaque acte ou phrase de notre effort commun devra traduire un esprit d'amour et de bonne volonté sans équivoque.




Crédit photos http://www.ibiblio.org/sncc/
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Le sit-in de Greensboro, en Caroline du Nord est un évènement majeur pour le Mouvement pour les Droits Civiques après le geste de Rosa Park, en décémbre 1955.
Le 1 février 1960, quatre étudiants du North Carolina Agricultural and Technical College Joseph McNeil, Izell Blair, Franklin McCain et David Richmond prennent place au comptoir du restaurant du magasin Woolworth, réservé aux blancs. Leur geste n'attire que peyu de réactions et ils y restent une heure, jusqu'à la fermeture du magasin.
Ils recrutent davantage d'étudiants et le lendemain matin, une trentaine d'entre eux s'assoient à nouveau au comptoir pendant deux heures, attirant cette fois l'attention des journalistes locaux.
Le jour suivant, les étudiants occupent pratiquement toutes les soixante six places du restaurant du magasin. Au bout d'une semaine, le Woolworth est temporairement fermé, suite notamment à une menace d'attentat à la bombe.
Mais le mouvement était lancé et d'autres étudiants avaient repris l'idée à travers l'état. Des sit-ins se déroulèrent la semaine suivante à Winston-Salem, Durham, Raleigh, Charlotte, Fayetteville, High Point, Elizabeth City et Concord.
Le 10 février, Hampton, Virginie fut la première ville en dehors de l'état à expérimenter les sit-ins. et, à la fin du mois, ceux-ci s'étaient propagés à plus de trente villes dans sept état. Fin avril, le mouvement touchait tous les états du sud et avait mobilisé environ 50 000 étudiants. La plupart des sit-ins s'étaient déroulés dans une discipline stricte, évitant des incidents violents.
Ces actions mirent en avant les dirigeants des étudiants, souvent mal préparés à cette situation. C'est pour cette raison que Ella Baker, de la Southern Christian Leadership Conference, proposa, dans une lettre aux dirigeants des étudiants noirs, une conférence rassemblant les manifestants, pour "partager l'expérience acquise dans les réce,tes manifestations de protestation et pour aider à lister des objectifs futurs en vue d'une action efficace." .
Celle-ci eut lieu à Raleigh à la Shaw University les 16 et 17 avril 1960. Le SNCC était né.
Les 13 et 14 mai eut lieu la première réunion officiel de la nouvelle organsation à Atlanta et en juin paru le premier numéro de The Students Voice, son journal.
En 1961, la Cour Suprême renouvela son arrêt concernant la déségrégation dans les transports, et étendit sa décision aux salles d'attente des terminaux. Le SNCC reprit l'idée originale du Core dans les années quarante pour organiser son premier Freedom Ride, ou Voyage pour la Liberté
A l'automne 1963, le SNCC décida de mettre le droit de vote en avant, comme un pas significatif vers l'égalité raciale dans le sud. Il organisa un simulacre de vote dans l'état du Mississippi, appelé Freedom Ballot où la discrimination raciale était la plus forte et le poids électoral des noirs le plus faible.
Il y avait deux candidats volontaires : Aaron Henry, un dirigeant noir du NAACP de Clarksdale et Edwin King, un blanc connu pour son engagement dans le mouvement pour les droits civiques. le programme du Vote pour la liberté appelait à la fin de la ségrégation, à l'égalité de l'accès à l'emploi, à un enseignement de meilleur qualité et à la garantie du droit de vote.
Des étudiants de Stanford et de Yale se joignirent à l'organisation du Freedom Ballot, à côté des militants du SNCC . Beaucoup d'entre eux furent agressés et traités d' "agitateurs extérieurs" Malgré quelques arrestations et protestations, la campagne fut un succès; Près de 80 000 noirs se déplacèrent pour voter , quatre fois le nombre inscrit sur les listes électorales de l'état. Bob Moses déclara que le Freedom Ballot avait démontré ce qu'il voulait, c'est à dire que les noirs voteraient si ils en avaient l'opportunité.
Egalement en 1963, Le SNCC joua un grand rôle dans la Marche sur Washington où Martin Luther King, Jr. pronoça son fameux discours "I have a dream" . le discours de John Lewis avait un ton radicalement différent et plusieurs dirigeants d'autres organisations du mouvement pour les droits civiques l'obligèrent à le modérer.
Malgré cela, son contenu n'encensait pas le rôle de l'administration Kennedy, contrairement aux autres discours.
Plus que les autres organisations, le SNCC était critique envers le gouvernement fédéral. à qui il reprochait sa tiédeur envers le racisme quotidien des états du Sud.
"Nous marchons aujourd'hui pour l'emploi et la liberté, mais nous n'avons pas à en être fiers, car des centaines et des milliers de nos frères ne sont pas ici - parce qu'ils n'ont pas d'argent pour le voyage, par ce qu'ils gagnent des salaires de misère,...ou pas de salaire du tout. En toute conscience, nous ne pouvons pas soutenir le loi sur les droits civques de l'administration.
Cette loi ne protégera pas les jeunes enfants et les vieilles femmes des chiens policiers et des lances à incendie lorsqu'ils participent à des manifestations pacifiques. cette loi ne protégera pas les citoyens de Danville, Virginie, qui doivent vivre dans la peur constante d'un état policier. Cette loi ne protégera pas les centaines de personnes qui ont été arrêtées sur de fausses accusations comme à Americus, Georgie, où quatre jeunes hommes sont en prison, risquant la peine de mort pour s'être engagés dans une action de protestation pacifique.
Je veux savoir de quel côté est le gouvernement fédéral? La révolution est sérieuse. Mr Kennedy essaie de la faire sortir de la rue pour la placer devant les tribunaux. Ecoutez, Mr. Kennedy, les masses noires sont en marche pour les emplois et la liberté, et nous devons dire aux politiciens qu'il n'y aura pas de "période d'apaisement"
Le Freedom Ballot ouvrit la voie au Mississippi Summer Project, dont Bob Moses.fut à l'origine. L'action fut préparée pendant l'hiver 1963 et le printemps 1964 . Dans un tract circulant sur les campus, on pouvait lire: "...En même temps que le vent du changement se renforce, l'élite politique menacée du f Mississippi devient de plus en plus intransigeante et fanatique … Les efforts des noirs pour obtenir le droit de vote ne peuvent aboutir ... sans une mobilisation de soutien nationale. Un programme est préparé pour cet été qui impliquera une participation massive des américains concernés par l'élimination de l'oppression raciale…"
Le Mississippi Summer Project avait trois objectifs :
L'inscription sur les listes électorales,
l'ouverture de Freedom Schools, Ecoles de la Liberté
l'organisation du Mississippi Freedom Democratic Party (MFDP) .
L'idée générale était d'organiser des Journées de la Liberté chaque deux ou trois semaines; Durant ces journées, le SNCC rassemblait des personnes noirs pour une inscription colllective sur les registres électoraux.
Les Ecoles de la Liberté aidèrent au succès des Journées de la Liberté. Ce furent ls enfants qui parlèrent à leurs parents de ces journées et qui leur demandèrent d'aller s'inscrire sur les listes électorales.
Les tentatives pour assister aux meetings du MFPD se heurtèrent, comme les inscriptions sur les listes électorales, à des actes d'intimidiation. Trois hommes liées au Freedom Democratic Party disparurent cet été là. Lorsque les journalistes lui demandèrent si elle pensait que quelque chose de positif découlerait de ces morts Rita Schwerner, une membre du CORE de Washington répondit, "Cela dépend du peuple des Etats-Unis."
L'objectif du SNCC était de faire représenter le Mississippi par le MFPD à la Convention Nationale Démocrate qui se tenait durant l'été à Atlantic City, plutôt que par la délégation habituelle, entièrement composée de blancs.
Le Parti démocrate se réfugia derrière un compromis : deux sièges sans droit de vote pour le MFPD au sein de la délégation du Mississippi . cette proposition fut rejetée par le SNCC et le MFPD, malgré la position inverse de Martin Luher King.
Après les émeutes de Watts en 1965, beaucoup de militants étaient désenchantés et sceptiques par rapport à la tactique de non violence adopté par le SNCC et voulaient couper les liens avec les principales organisations du mouvement pour les droits civiques et les groupes libéraux blancs qui les soutenaient. Les noirs, disaient-ils devaient prendre le pouvoir plutôt que de chercher des accomodements avec les structures du pouvoir blanc.
Cette orientation prit corps avec la nomination de Stokely Carmichael qui remplaça John Lewis à la tête du SNCC en mai 1966.
Dans un premier temps, celui ci prona que les noirs étaient en droit d'user de la violence en cas d'auto défense, puis dans un second temps, il se fit l'avocat de la violence révolutionnaire pour renverser les forces d'oppression.
La législation sur les droits civiques, pour lesquels le SNCC avait combattu, furent rejetés comme des palliatifs.
En juin 1966, dans un discours à Greenwood, Mississippi, Carmichael présenta la notion de Black Power. Le SNCC renvoya tous son personnel et les volontaires blancs
Le SNCC prit officiellement position contre la guerre du Vietnam au début de 1966, sous la pression des organisations du nord. Mais l'élément décisif fut le meurtre de Sammy Younge, étudiant au Tuskegee Institute Student et membre du SNCC, qui avait combattu au Vietnam, par un employé d'une station service alors qu'il essayait d'utiliser les toilettes pour blancs.
Carmichael quitta le SNCC en juin 1967 pour rejoindre le Black Panther Party. H. Rap Brown le remplaça à la tête du SNCC.et le renomma Student National Coordinating Committee. Il n'était plus question de non violence. A son tour, il quitta l'organisation en 1968, pour le Black Panther Party.
Le SNCC n'avait plus de représentativité réelle et il disparut totalement au début des années 1970
