
Martin Luther King
Durant toute l’histoire des Etats-Unis, les afro-américains ont résisté d’abord contre l’esclavage, ensuite contre leur statut de citoyens de seconde classe et contre la ségrégation raciale.
Après la Guerre de Sécession, le gouvernement fédéral prit des mesures en faveur de l’égalité des droits, avec le passage du 13ème Amendement (1865) qui abolissait l’esclavage, le 14ème Amendement, qui faisait citoyens des Etats-Unis toute personne né sur son sol et lui accordait une égale protection devant la loi, et le 15ème Amendement qui donnait le droit de vote à tous les citoyens quelle que soit leur race
Durant la période dite de Reconstruction (1865-1877) les troupes du Nord occupaient le Sud et faisaient respecter ces amendements. Les noirs pouvaient accéder à des fonctions élevées y compris des mandats électoraux.
Cette période prit fin avec le Compromis de 1877, appelant au retrait des troupes nordistes du Sud contre le règlement du contentieux électoral opposant deux candidats aux présidentiels en faveur de celui soutenu par le Nord. Ce compromis permit au Sud de ré-instituer ses pratiques de discriminations.
De nombreux Etats adoptèrent des lois instituant la ségrégation des races., réduisant à néant les avancées précédentes.
Un noir ne pouvait pas partager le même taxi, qu’un blanc, entrer dans un bâtiment par la même porte, boire à une même fontaine, s’asseoir dans une même salle d’attente. Il ne pouvait pas aller dans une même école, un même restaurant, une même bibliothèque, ni même être enterré dans le même cimetière. Beaucoup de parcs publics affichaient " les Nègres et les chiens sont interdits."
L’accès aux votes, bien que garantis par la Constitution, étaient pratiquement interdits aux noirs, par diverses machinations mises en place selon les Etats sudistes (Faire réciter ou interpréter des paragraphes de la constitution, par exemple) ou par des mesures d’intimidation beaucoup moins subtiles, pouvant aller jusqu’au meurtre.
Entre 1882 et le début des années 1950, près de 4 500 afro-américains furent lynchés aux Etats-unis, souvent par des groupes blancs extrémistes comme le Ku Klux Klan.
Mais le système de ségrégation sudiste ne reposait pas sur ces groupes extrémistes mais sur la société civile dans son ensemble, du gouverneur aux simples citoyens, en passant par les juges et la police.
Les fondations de la résistance : Eglises et étudiants
Le rôle primordiale des églises noires dans le mouvement pour les droits civiques s’explique par leur structure et fonctions dans la communauté noire. Elles n’étaient pas seulement un lieu de culte, mais un lieu d’échanges sociaux où l’on s’échangeait les nouvelles, où l’on pouvait emprunter de l’argent, régler les différents, et un centre de militantisme politique. Le ministre du culte était un personnage central dans la communauté, le plus connu étant bien sûr Martin Luther King.
Les
étudiants jouèrent également
un rôle central , des boycotts de bus aux Freedom Rides.
Les organisations:
Eglises et étudiants développèrent leurs propres organisations: La Southern Christian Leadership Conference (SCLC), fondée en 1957, coordonnait et collectait des fonds, principalement dans le Nord, pour les actions locales de protestations et la formation des leaders noirs. Le Student Nonviolent Coordinating Committee, ou SNCC, fondé également en 1957, développa la stratégie du "jail-no-bail" (La prison, pas la caution) ainsi que celle du sit-in. Il participa aux freedom rides, aux campagnes d’inscription sur les listes électorales et autres actions. Bob Moses du SNCC créa le Council of Federated Organizations (COFO) pour coordonner le travail de la SCLC, SNCC, et autre groupes nationaux ou locaux .
Ces trois nouveaux groupes se joignirent souvent à des organisations plus anciennes teles que la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP, 1909), le Congress of Racial Equality (CORE, 1942) et la National Urban League.(1911)
La stratégie
Jusqu’en 1955, les principales formes d’action étaient d’ordre légales, par les groupes de pression (lobbying) et le combat juridique.
De 1955 à 1965, l’accent fut mis sur l’action directe non-violente (Boycotts, sit-ins,…); Ces actions étaient un outil efficace auprès de l’opinion publique grâce, notamment, au relais de la télévision naissante.
A un niveau fédéral, le mouvement pour les droits civiques obtint le soutien des diverses administrations. John Kennedy soutenait la déségrégation des écoles et des lieux publics, Lyndon Johnson fit passer le Civil Rights Act de 1964 et le Voting Right Act de 1965.
Seul, le sinistre directeur du FBI J. Edgar Hoover, convaincu de l’influence du Parti Communiste dans le mouvement et ennemi personnel de Martin Luther King utilisa tous les moyens, légaux et moins légaux, pour harceler les dirigeants et les militants.
La radicalisation
L’idée de l’intégration défendu par le mouvement pour les droits civiques ne faisait pas l’unanimité dans la communauté noire. Pas plus que les moyens non-violents utilisés. Certains pensaient que les noirs resteraient sous la domination des blancs tant qu’il ferait partie de la minorité d’un même pays et adoptèrent le principe d’auto-détermination, ou Black Power. A l’intérieur du SNCC, beaucoup de militants dont Carmichael jugeaient stériles, et parfois comme manque de courage, les techniques de non-violence. Cette vision lfinira par l’emporter dans l’organisation.
D’autres se reconnaissait dans les théories de MalcomX. Puis Huey P. Newton et Bobby Seale fondèrent en 1966 le"Black Panther Party for Self-Defense".qui deviendra bientôt le Black Panther Party
Première mise en ligne : Mars 2005
Mise à jour: Novembre 2006

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Lire sur ce
site
au sujet des
Black Panthers
Au sujet du mouvement pour les droits civiques :
La longue marche vers l'égalité - 1780- 1959
La longue marche vers l'égalité - 1960 - 1992
Student Nonviolent Coordinating Committee
Le Congress of Racial Equality