Student Nonviolent Coordinating Committee. Monographie : La Base du pouvoir Noir 

 

Source :
Student Nonviolent Coordinating Committee Position Paper: The Basis of Black Power

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Au printemps 1966, avec l’élection de Stokely Carmichael comme président, le Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) évolua d’une organisation pour les droits civiques vers la notion de Pouvoir Noir . Ce document publié au printemps 1966 par le SNCC explique la nouvelle position politique de l’organisation


Notes

(1) Cet argument sera repris plus tard par le mouvement des femmes qui excluerons les hommes des groupes de discussion, en référence directe à l'expérience du mouvement du Black Power.

"Ce besoin d’une solidarité de groupe explique pourquoi les hommes ont été largement exclus des groupes de paroles. Ce n’était pas la raison première mais ce fut l’effet dérivé le plus bénéfique L’idée, à l'origine, avait été emprunté au mouvement du Black Power, bien installé dans les consciences lorsque le mouvement de libération des femmes a commencé.
...les femmes de presque tous les groupes aux Etats-Unis, au Canada et en Europe découvrirent bientôt que les rôles traditionnels des sexes étaient ré-introduits dans les groupes, quelles que soient les bonnes intentions des participants. Inévitablement, les hommes dominaient les discussions et ne parlaient généralement de la libération des femmes qu’en relation avec les hommes, ou comment les hommes étaient opprimés par les rôles sexuels. Dans les groupes composés uniquement de femmes, la discussion semblait plus ouverte, honnête et approfondie. Les femmes apprenaient à être en relation avec d’autres femmes et non plus seulement avec des hommes."

The Women's Liberation Movement: Its Origin, Structures and Ideals Jo Freeman
En cours de traduction

(2) Joueurs de baseball . Willie Mays était noir. Mickey Mantle, blanc

(3) Cruel propriétaire d’esclaves dans le livre La Case de l’Oncle Tom de Harriet Beecher Stowe, publié en 1852








Le mythe selon lequel le noir est incapable de se libérer lui-même, qu’il est paresseux, etc., provient de l’expérience américaine. Dans les livres pour enfants, les blancs sont toujours "bons" (Les symboles du bien sont blancs), les noirs sont "le mal" ou représentés comme des sauvages dans les films, leur langue est qualifiée de "dialecte" et les noirs de ce pays sont supposés être les descendants de sauvages.

Toute personne blanche qui entre dans le mouvement a ces concepts à l’esprit au sujet des noirs.ne serait-ce qu’inconsciemment. Il ne peut y échapper car toute la société a braqué son subconscient dans cette direction.

Miss Amérique venant dans le Mississippi a la possibilité de représenter l’Amérique entière, mais une personne noire, qu’elle soit du Mississippi ou de New York ne représentera jamais l’Amérique. Par conséquent, le blanc qui entre dans le mouvement ne peut pas comprendre l’expérience des noirs, ne peut pas comprendre le mot "noir," ne peut pas comprendre le "B-A , BA," ne peut pas comprendre le contexte qui a fait naître un tel mot, ne peut pas comprendre les andouilles, les ouistitis têtes de cochons, les pieds de porcs, les jarrets de porcs, et ne peut pas comprendre l’esclavage parce que tout cela ne fait pas partie de son expérience. Il ne peut pas comprendre l’expérience de la religion noire, ni l’église noire, à moins, bien sûr, que celle-ci a accepté des manifestations blanches.

Le Pouvoir Blanc

Les nègres dans ce pays n’ont jamais été autorisés à s’organiser par eux mêmes à cause de l’interférence des blancs. Le résultat de cela, c’est que le stéréotype selon lequel les noirs sont incapables de s’organiser par eux-mêmes a été renforcé. La psychologie blanche qui préconise que les noirs doivent être surveillés renforce aussi ce stéréotype. Les noirs, en fait, se sentent intimidés par la présence des blancs, parce qu’ils connaissent le pouvoir qu’ont ceux-ci sur leurs vies.(1) Une personne blanche qui assiste à une réunion de noirs peut changer la complexion de cette réunion. Les gens commenceront immédiatement à parler de "fraternité" d’"amour," etc.; la question de la race ne sera pas soulevée.

Si les gens doivent s’exprimer librement, il faut un climat qui leur permettent de le faire . Si les noirs sont intimidés par les blancs, alors ils ne sont pas en mesure de se décharger de la rage qu’ils ressentent envers les blancs en leur présence –et en particulier les noirs que nous essayons d’organiser, la masse entière du peuple noir. Il faut crééer un climat dans lequel les noirs peuvent s’exprimer. La raison pour laquelle les blancs doivent être exclus n’a rien à voir avec un racisme anti-blanc mais avec le fait que ce que l’on essaie de bâtir ne peut pas réussir du fait de l’effet intimidant des blancs. L’effet d’intimidation est directement proportionnel à la somme d’avilissement qu’ont subi les noirs de la part des blancs.

Rôles des Blancs et des Noirs

Il devrait être proposé que les blancs qui désirent le changement dans ce pays devrait se rendre la où le problème (le racisme) est le plus manifeste. Le problème n’est pas dans la communauté noire. Les blancs devraient aller dans les communautés blanches, là où les blancs ont créé des structures de pouvoir dans le but exclusif de dénier aux noirs toute dignité et droit à l’autodétermination. Les blancs qui viennent dans la communauté noire avec des idées de changement semblent vouloir absoudre la structure du pouvoir de sa responsabilité et prétendent que le changement ne peut venir que de de l’unité noire, ce qui est la pire forme du paternalisme. Cela ne signifie pas que les blancs n’ont pas tenu un rôle important dans le mouvement. Dans le cas du Mississippi, leur rôle fut crucial, en aidant à donner aux noirs le droit de s’organiser, mais ce rôle est maintenant terminé, et devrait l’être.

Nous avons maintenant le droit d’organiser des vigiles, le droit de distribuer nos tracts, le droit de vote, le droit de manifester, le droit de publier.

Tous ces droits qui sont en rapport avec le droit de s’organiser ont été accomplis principalement grâce à la venue de blancs au Mississippi, durant l’été 1964. Puisque ces buts sont maintenant atteints, le rôle des blancs dans le mouvement est fini. Qu’est-ce que cela signifie si les noirs, une fois obtenu le droit de s’organiser, ne sont pas à même de s’organiser pas eux-mêmes.? Cela signifie quel’idée des noirs au sujet de leur infériorité est renforcée. Est-ce que nous ne serions pas capables de nous organiser par nous-mêmes ? Les noirs doivent obtenir ce droit. D’autant plus que la participation des blancs signifie aux yeux de la communauté noire que ceux-ci sont les "cerveaux" derrière le mouvement et que les noirs ne peuvent pas s’en sortir sans les blancs . Cela ne sert qu’à perpétuer les attitudes actuelles dans la société présente, comme les noirs sont "débiles," "incapables de s’occuper de leurs affaires," etc. Les blancs sont "dégourdis," les "cerveaux" derrière tout le truc.

Comment les noirs comme tels se considèrent-ils entre eux ? Réagissons nous de la même manière face à Willie Mays qu’à Mickey Mantle ? (2) Quelle est notre réaction à un home run de Mays face au même par Mantel ? Les nègres s’identifient encore aux Dodgers à cause des exploits de Jackie Robinson au sein de l‘équipe. Les Nègres supporteraient instinctivement des équipes exclusivement composées de noirs opposées à des équipes de blancs, ou à prédominance blanches. Le même principe s’applique au mouvement et au base ball un mythe doit être crée, à travers lequel les Nègres pourront s’identifier au mouvement.

Par conséquent, un projet exclusivement porté par les noirs est nécessaire pour que les gens se libèrent. Cela doit être établi dès le départ. Cela est à mettre en lien avec ce que l’on pourrait appeler la "politique de coalition" Il ne fait aucun doute dans nos esprits que certains blancs sont tout aussi dégoûtés que nous vis à vis du système. Mais cela n’a pas de sens de parler de coalition si nous n’avons personne avec qui nous allier, à cause du manque d’organisation dans les communautés blanches. Il ne peut pas y avoir de discussion "d’amorçage" jusqu’à ce que les noirs organisent les noirs et les blancs organisent les blancs. Si ces conditions sont remplies, alors peut-être dans l’avenir—et si nous allons dans la direction—des échange de personnel, une coalition et autres types d’alliance significative pourront être discutées.

Au début du mouvement, nous sommes tombés dans un piège, en pensant que nos problèmes tournaient autour du droit à manger à certains comptoirs ou du droit de vote, ou encore du droit à organiser nos communautés. Nous avons vu cependant que le problème est beaucoup plus profond. Le problème de ce pays, comme nous l’avons vu, concerne tous les blancs et tous les noirs et par conséquent, si les décisions étaient laissées aux jeunes, alors des solutions seraient trouvées Nous nous somme penchés longuement sur le cas de "Oncle Tom," mais pas encore sur celui de Simon Legree (3). Nous devons nous demander qui est le vrai méchant--Uncle Tom ou Simon Legree? Tout le monde connait Oncle Tom, mais qui connait Simon Legree? Ce que nous avons aujourd’hui dans le SNCC , c’est une société fermée, une clique. Les noirs ne peuvent pas s’appuyer sur le SNCC à cause de son atmosphère irréaliste, non raciale, niant leur expérience de l’Amérique comme une société raciste. Par contraste, la Southern Christian Leadership Conference de Martin Luther King, Jr., a un personnel qui, au moins, maintient une façade noire. L’administration est presque exclusivement noire mais personne n’accuse la SCLC d’être raciste.

Si nous voulons aller vers une réelle libération, nous devons nous couper des blancs. Nous devons former nos propres institutions, coopératives de crédits, coopératives, partis politiques, écrire nos propres histoires.

Pour aller plus loin, faisons quelques comparaisons entre le Mouvement Noir du début des années 1900 et celui des années 1960 -- par exemple, comparons la.National Association for the advancement of Colored People avec le SNCC. Les blancs ont perverti le mouvement Niagara (le prédécesseur de la NAACP) qui, au départ, était un mouvement exclusivement noir. Le nom de la nouvelle organisation était également très révélateur car il présupposait que les noirs avaient à progresser jusqu’au niveau des blancs. Nous avons maintenant conscience que la NAACP est devenue réactionnaire et se pose comme le principale barrage à la liberté des noirs. Le.SNCC, en permettant aux blancs de rester au sein de l’organisation, peut voir ses efforts pervertis de la même manière, par exemple en les laissant jouer un rôle important comme organisateurs de la communauté, etc. Une direction Indigène ne peut pas être construite avec des blancs dans les positions qu’ils occupent actuellement.

Ces faits ne signifient pas que les blancs ne peuvent être d’aucune aide. Ils peuvent participer sur la base du volontariat . Nous pouvons leur accorder un contrat de travail mais en aucun cas, ils ne peuvent participer au niveau des prises de décisions.

Autodétermination noire

Nous pouvons être accusés de "racisme," mais les blancs qui sont sensibilisés à nos problèmes prendront conscience que nous devons décider de notre propre destin.

Pour essayer de trouver une solution à notre dilemme, nous proposons que notre organisation (SNCC) soit doté d’un personnel exclusivement noir, contrôlée par les noirs et financée par les noirs.. Nous ne voulons pas tomber dans un dilemme similaire qu’ont connu d’autres organisations pour les droits civiques. Si nous continuons à dépendre du soutien financier des blancs, nous nous retrouverons prisonniers des tentacules du complexe du pouvoir blanc qui contrôle ce pays. Il est également important qu’une organisation noire (dénuée de culte) soit visible par notre peuple afin qu’il soit démontrée que de telles organisations sont viables.

De plus en plus, nous voyons des noirs dans ce pays être utilisés comme outils de l’establishment libéral blanc. Les libéraux blancs n’ont pas commencé à se pencher sur le vrai problème des noirs dans ce pays – en sont témoins leur perplexité, leur crainte et leur anxiété quand il est fait mention du nationalisme concernant les noirs Une analyse de la réaction des libéraux blancs au seul mot de "nationalisme" révèle une attitude très significative des blancs concernant la persuasion idéologique envers les noirs de ce pays. Cela signifie que les solutions antérieures aux problèmes noirs ont été considérées dans l’intérêt de ces blancs qui s’occupaient de ces problèmes et non dans celui des noirs. Les blancs ne peuvent que pervertir notre vraie recherche et nos luttes pour l’autodétermination, l’identité et la libération dans ce pays. . La réévaluation des rôles entre blancs et noirs doit se faire maintenant afin que les blancs ne fixent plus les rôles que doivent jouer les noirs mais pour que les noirs définissent à la place le rôle des blancs.

Nous avons permis pendant trop longtemps aux blancs d’interpréter l’importance et la signification des aspects culturels de notre société. Nous les avons autorisé à nous dire ce qui était bon au sujet de notre musique, notre art et notre littérature afro-américaine. Combien avons-nous de critiques noirs dans le milieu du "jazz" ? Comment une personne blanche qui ne fait pas partie de la psyché noire (si ce n’est dans le rôle de l’oppresseur) peut-elle nous donner la signification du blues à nous qui sommes les incarnations mêmes de cette musique?

Il faut souligner que, quel que soit le niveau des contacts entre blancs et noirs, la rencontre ou la confrontation ne se fait pas au niveau des noirs mais toujours à celui des blancs. Cela signifie seulement que notre contact quotidien avec les blancs renforce le mythe de la supériorité blanche.. Les blancs sont ceux qui doivent s’élever à notre niveau humaniste. Nous ne sommes pas, après tout, les responsables de la guerre génocidaire au Vietnam; nous ne sommes pas les responsables du néocolonialisme en Afrique et en Amérique Latine, nous ne sommes pas ceux qui ont maintenu un peuple en esclavage depuis plus de 400 ans. Nous rejetons le Rêve Américain tel que défini par les blancs et devons travailler à construire une réalité américaine définie par les afro-américains.

Les Radicaux Blancs

L’une des critiques des militants et radicaux blancs est que quand nous regardons les masses de personnes blanches, nous voyons la réalité globale de l’Amérique, nous voyons le racisme, la bigoterie,et la distorsion de la personnalité, nous voyons l’inhumanité de l’homme envers l’homme, nous voyons en réalité 180 millions de racistes. Les intellectuels et radicaux blancs qui se battent pour le changement sont conscients de ce fait mais n’ont pas le courage de l’admettre. Quand ils admettent cette réalité, alors ils doivent aussi admettre leur implication parcequ’ils font partie de l’Amérique blanche. C’est seulement dans la mesure où ils reconnaissent cela qu’ils seront capables de changer cette réalité;

Une autre question est de savoir comment les radicaux blancs voient-ils la communauté noire et la communauté blanche défavorisée en terme d’organisation.? Jusqu’à maintenant; nous avons pris conscience que la plupart des radicaux blancs ont cherché à fuir la réalité horrible de l’Amérique en venant dans la communauté noire et en essayant d’organiser les noirs, négligeant l’organisation des gens dans leurs propres communautés racistes . Comment peut-on nettoyer la cour des autres lorsque la sienne est négligée? De nouveau, nous ressentons que la situation du SNCC et du mouvement pour les droits civiques en général est, sous bien des aspects, semblable à la situation anticolonialiste des pays africains et asiatiques. Nous avons des blancs dans le mouvement qui correspondent aux fonctionnaires et missionnaires dans les pays colonisés et qui, ayant travaillé depuis longtemps avec les autochtones, ont développé une attitude paternaliste envers eux. La réalité des peuples colonisés prenant en mains leur propres vies et contrôlant leur propre destin doit être regardée en face. Comme doivent être regardés en face la nécessité de s’éloigner et de laisser se faire le processus naturel de l’expansion et du développement.

Ces vues ne doivent pas être confondues avec les influences et l’agitation extérieures mais considérées comme le processus naturelle de l’expansion et du développement au sein d’un mouvement, et l’évolution des militants noirs et du SNCC dans cette direction sdevrait donc être considérée comme un tournant vers l’autodétermination.

Il est très curieux et ironique que les blancs avec une conscience politique dans le pays peuvent se faire les champions de l’anticolonialisme dans d’autres pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine, mais lorsque les noirs revendiquent les mêmes droits à l’autodétermination dans ce pays, ils sont considérés comme racistes et anti-blancs par ces mêmes blancs progressistes. En allant plus loin, on pourrait dire que cette attitude découle du point de vue général de la psyché blanche envers les noirs. Cette attitude provient de l’époque de la révolte des esclaves lorsque tous les blancs étaient des auxiliaires de police, shérifs ou gardiens de l’état potentiels. Parce que quand les noirs se réunissent entre eux pour régler leurs problèmes, ils deviennent une menace pour les blancs, de telles réunions étant des révoltes d’esclaves potentielles.

On peut affirmer que cette attitude ou façon de penser se sont perpétuées jusqu’à nos jours et qu’elles font partie de la psyché des blancs dans ce pays quelles que soient leurs opinions politiques. Elle font partie du complexe de crainte-culpabilité résultant des révoltes d’esclaves. Nous connaissons des exemples de blancs qui déclarent pouvoir s’entendre avec leurs semblables noirs sur des bases individuelles mais qui se sentent menacés par la présence d’un groupe de noirs. On peut affirmer que cette attitude est partagée par la majorité des blancs progressistes de ce pays .

L’identité noire

Les noirs doivent réexaminer soigneusement les contributions qu’ils ont apporté dans la construction de ce pays. Si un tel réexamen et réévaluation n’est pas réalisé, et si l’on ne rend pas justice et n’accorde pas le respect dus aux noirs, alors les antagonismes et les contradictions vont devenir de plus en plus flagrantes, de plus en plus intenses, jusqu’à ce qu’une explosion nationale puisse en résulter.

Quand des gens essaient d’agir à partir de ces conclusions, ce serait un raisonnement faux que de dire qu’ils sont sous l’emprise du racisme parce que, dans ce pays et en Occident, le racisme a fonctionné comme un type de nationalisme blanc dasn les relations avec les noirs. Nous savons tous les habitudes que cela a engendré à travers le monde et particulièrement parmi les non blancs de ce pays.

Par conséquent, chaque réévaluation que nous devons entreprendre aura trait, en grande partie, à l’identité. Qui sont les noirs, que sont les noirs, quelles sont leurs relations à l’Amérique et au monde?

Il faut répéter que la totalité du mythe de la "citoyenneté Nègre", perpétuée par l’élite blanche, a jeté la confusion dans la pensée des radicaux et des progressistes noirs et blancs de ce pays.La grande masse du peuple noir réagit à la société américaine de la même manière que les peuples colonisés réagissent à l’occident en Afrique et en Amérique du Sud, et a le même type de relation , --de colonisés vers le colonisateur. 


Octobre 2009

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