"New Port Huron Statement" de Tom Hayden 
a été publié par Avalon Publishing Group comme introduction à “The Port Huron Statement : The Visionary Call of the 1960s Revolution” paru à l'automne 2005.

Ce texte a été reproduit par Truthdig  le 10 avril  2006


Notes originales : 

[5] Paul Berman, “A Tale of Two Utopias, The Political Journey of the Generation of 1968,” Norton, 1996, p. 54. 

[6] A plusieurs reprises, Benjamin Franklin, Thomas Paine et Thomas Jefferson écrivirent sur les usages politiques indiens en des termes élogieux . tel qu'un historien décrit la culture des Iroquois , il n'y avait “pas de lois ni d'ordonnances, pas de sheriffs ni d'agents de police, pas de juges ni jurés, pas de tribunaux ni de prisons .” Ces thèmes idyliques se sont développés dans les communautés des années 1960, le jardinage biologique, la médeine naturelle, les styles de vies écologiques et autres pratiques. Voir Howard Zinn, “A People’s History of the United States,” Harper Collins, 2003, pp. 1-23. John Adams a écrit en 1787 que “réunir la législation indienne occuperait beaucoup de place mais que cela en vaudrait bien la peine ” comme cité dans une excellente compilation par Oren Lyons, John Mohawk, Vine Deloria, Laurence Hauptman, Howard Berman, Donald Grinde, Curtis Berkey et Robert Venables, “Exiled in the Land of the Free,” Clear Light, 1992, p. 109. Des articles du Congrès Confédéré de 1778 avait proposé à l'époque la création d'un état indien conduit par la nation Delaware p. 113. 

[7] Thomas Paine, “Rights of Man,” Penguin, 1984, p. 70, 176. 

[8] Dans une lettre de Jefferson datée du 2 février 1816, citée par Berman, p. 51.
[9] Berman, op. cited, p. 53 

[10] En prenant une égale distance envers les croyances du Siècle des Lumières en une “perfectibilité infinie” et celles négatives du “ péché originel ”, la Déclaration de Port Huron affirmait que les êtres humains sont "infiniment précieux" et possèdent "des capacités insatisfaites de raison, de liberté et d'amour" . Statement asserted that human beings are “infinitely precious” and possessed of “unfulfilled capacities for reason, freedom and love.” La formulation a été founie par une militante catholique americano-mexicaine , Maria Varela, tiré d'un exemplaire d'une encyclique catholique qu'elle avait avec elle. Casey Hayden parle de ces années comme d' une "époque bénie" 

[11] Bob Dylan, “Chronicles, Volume One,” Simon and Schuster, 2004, pp. 34-35.
Sale, p. 27 

[13] Ignazio Silone, “Bread and Wine,” 1936, Signet 1986; voir aussi Miller, p. 53. 

[14] Par exemple, Carl Wittman, qui rejoignit le SDS peu après Port Huron et travailla avec moi comme organisateur de communauté dans un projet à Newark, et qui fit finalement son coming out pour écrire “A Gay Manifesto,” un document fondateur du mouvement de libération gay, six ans après Port Huron. Voir David Carter, “Stonewall, The Riots That Sparked the Gay Revolution,” St. Martins, 2004. Pp. 118-119. 

[15] La phrase est d'un professeur à Harvard, Samuel Huntington, dans un discours devant l'élite de la Trilateral Commission en 1976, à l'occasion du bicentennaire de la Déclaration d'Indépendance Huntington déclara “Les années 1960s furent les témoins d'une poussée dramatique de ferveur démocratique aux Etats-Unis ”, une tendance qu'il diagnostique comme une "maladie" qui a menacé à la fois le gouvernement et la sécurité intérieure.Huntington proposa “ des limites à l'extension de la politique démocratique” Voir Zinn, op. cited, pp. 558-560.



Notes du traducteur

(a) Candidat démocrate à la nomination pour les élections présidentielles de 2004 . Il fut un pionnier de la collecte de fonds via internet.

(b) Le Freedom of Information Act (FOIA) est une loi américaine signée le sous le gouvernement de Lyndon Johnson,en juillet 1966 Elle oblige notamment les agences fédérales à transmettre leurs documents, à quiconque en fait la demande













La meilleure année pour être un hippie a été 1965, mais à cette époque il n’y avait pas grand chose à écrire sur le sujet parce que peux de choses se passait en publicité la plupart de ce qui se passait en privé était illégal. La vraie année du hippie a été1966, malgré l’absence de publicité, qui en 1967 a donné lieu à une avalanche nationale dans Look, Life, Time, Newsweek, the Atlantic, the New York Times, the Saturday Evening Post, et même dans Aspen Illustrated News, qui a réalisé un numéro spécial en août 1967et une vente record en ne gardant que 6 exemplaires invendus sur un tirage de 3 500. Mais 1967 n’était pas vraiment une bonne année pour être un hippie. C’était une bonne année pour les commerçants et les exhibitionnistes qui s’auto-proclamaient hippies et accordaient des interviews pittoresques pour le plus grand bénéfice des médias, mais les hippies sérieux, qui n’avaient rien à vendre, pensaient qu’ils n’avaient rien à gagner et beaucoup à perdre en devenant des personnages publics. Beaucoup d’entre eux étaient harcelés et arrêtés sans aucune autre raison que l’amalgame soudainement réalisé avec un soi-disant culte pour le sexe et les drogues. La publicité faite autour du phénomène, qui ressemblait dans un premier temps à une plaisanterie, se transforma en grondements menaçants. Ainsi, beaucoup de gens que l’on pourrait qualifier de hippies originels de 1965 avait disparu du paysage au moment où les hippies devinrent une lubie nationale en 1967.

Dix ans auparavant la Beat Generation avait emprunté le même chemin déroutant. De 1955 à 1959 environ, il y eut des milliers de jeunes gens engagés dans une sous culture bohème florissante qui n’ était plus qu’un lointain écho lorsque les médias s’en saisirent en 1960. Jack Kerouac fut l’écrivain de la Beat Generation de la même façon que Ernest Hemingway fut celui de la Génération Perdue - Lost Generation, et le classique beat On the Road de Kerouac fut publié en 1957. Au moment où Kerouac commença à apparaître dans des émissions de télévision pour expliquer la "portée" de son livre, les personnages sur lesquels il était fondé flottaient déjà dans les limbes, attendant leur réincarnation comme hippies quelques années plus tard. (L’exemple le plus parfait en est Neal Cassidy [Cassady], qui servit de modèle pour Dean Moriarity dans On the Road et aussi pour McMurphy dans One Flew Over the Cuckoo's Nest de Ken Kesey ) La publicité suit la réalité mais seulement dans la mesure où un nouveau type de réalité, créé par la publicité, commence à

émerger. Ainsi, le hippie en 1967 se trouvait dans la position étrange d’être le héros d’une anti-culture héros en même temps qu’il devenait un produit commercial à la mode. Sa bannière d’aliénation apparut planté dans du sable mouvant. La société même dont il essayait de s’évader commençait à l’idéaliser. Il était célèbre, de façon floue, n’étant pas encore vraiment une infamie mais encore ambivalent, pittoresque et vaguement dérangeant..

Malgré la publicité médiatique, les hippies souffrent encore, ou peut-être pas, d’une absence de définition. . Le Random House Dictionary of English Language fut un best-seller en 1966, l’année de sa publication, mais il ne contient pas de définition pour "hippie." Celle qui s’en rapproche le plus était "hippy": "qui a de larges hanches" " Sa définition de "hip" était plus proche de l’usage contemporain . "Hip" est un mot d’argot, disait Random House, signifiant "familier avec les idées, styles, créations récentes, etc.; informé sophistiqué, instruit[?]." Ce point d’interrogation est un chef d’oeuvre sournois mais représentatif de commentaire éditorial.

Tout le monde s’accorde à dire qu’il émane des hippies un charme considérable mais personne ne peut dire exactement ce qu’ils veulent.. Même les hippies ne semblent pas le savoir, bien que certains puissent être très clairs lorsque l’on en vient aux détails.

"J’aime le monde entier" dit une file de 23 ans dans le quartier de Haight-Ashbury de San Francisco, la capitale mondiale des hippies. "Je suis la mère divine, une partie de Bouddha, une partie de Dieu, une partie de toute chose.
Je vis de repas en repas. Je n’ai pas d’argent, pas de possessions. L’argent n’est beau que lorsqu’il circule; lorsqu’il s’entasse c’est un problème. Nous prenons soin les uns des autres. Il y a toujours quelqu’un pour acheter des haricots et du riz pour le groupe, et quelqu’un remarque toujours si j’ai fumé de l’herbe [marijuana] ou pris de l’acide [LSD] . J’ai été en hôpital psychiatrique une fois parce que j’essayais de m’adapter et de jouer le jeu. Mais maintenant, je suis libre et heureuse " On lui demanda ensuite si elle utilisait souvent de la drogue. "Assez, oui" répondit-elle. "Quand je me sens devenir perdue,je prend une dose d’acide et je m’évade. C’est un raccourci vers la réalité. Cà te projette dedans Tout le monde devrait en prendre, même les enfants. Pourquoi ne pourraient-ils pas être initiés tôt , plutôt que d’attendre d’être vieux? Les êtres humains ont besoin d’une liberté totale? c’est là où se trouve Dieu. Nous devons nous dépouiller de l’hypocrisie, de la malhonnêteté, et des fausses apparences pour revenir à la pureté des valeurs de notre enfance."

La question suivante était "Et-ce que tu pries quelque fois? " "Oh oui" répondit-elle "Je prie au lever du soleil. Cela me nourrit de son énergie de façon à ce que je puisse répandre l’amour et la beauté et en nourrir d’autres. Je ne prie jamais pour quelque chose. Je n’ai besoin de rien. Tout ce qui me branche est un sacrement : LSD, le sexe, mes clochettes, mes couleurs,.... C’est la sainte communion, tu piges?" C’est à peu près le commentaire le plus complet que l’on puisse tirer d’un hippie pratiquant. Au contraire des beatniks, beaucoup d’entre eux écrivaient des poèmes et des nouvelles avec l’idée de devenir la seconde vague des Kerouacs ou Allen Ginsberg, les faiseurs d’opinion hippie avaient cultivé parmi leurs partisans une forte méfiance envers les mots écrits. On se moque des journalistes et les écrivains sont traités de "type freaks." Du fait de cette ignorance recherchée, peu de hippies s’expriment verbalement. Ils préfèrent communiquer par la danse, le toucher ou la perception extrasensorielle (ESP). Ils parlent, entre eux, d’"ondes d’amour" et de "vibrations" ("vibes") qui émanent des autres . Cela laisse une grande place à l’interprétation subjective et là réside le secret du charme considérables des hippies.

Cela ne signifie pas que les hippies soient universellement aimés. D’une côte à l’autre, les force de l’ordre et de la loi ont fait hippies avec une aversion profonde. Voici quelques commentaires représentatifs d’un lieutenant de police de Denver. Denver, dit-il est devenu un refuge pour "de dangereux drogués chevelus, vagabonds, anti-sociaux, psychopathes, qui se réfèrent d’eux-mêmes à une sous culture hippie, un groupe qui se rebelle contre la société et qui est lié par l’usage et l’abus de drogues et de narcotiques dangereux." Leur âge va de 13 ans à une vingtaine d’années, continue-t’il et ils satisfont leurs besoins minimaux en "quémandant, mendiant et s’empruntant les uns aux autres ainsi qu’aux amis, parents et complets étrangers.... Il n’est pas rare de voir jusqu’à 20 hippies vivre ensemble dans un petit appartement en communauté, avec leurs ordures et leur vaisselle sale empilés jusqu’à mi hauteur du plafond quelque fois.."

Un de ses collègues, un inspecteur de Denver, explique que les hippies sont ont proie facile pour les arrestations, car "il est facile de chercher et trouver leurs drogues et la marijuana parce qu’ils n’ont pour ainsi dire pas de mobilier, à l’exception d’un matelas sur le sol . Ils ne croient en aucune forme de productivité" dit-il, "et en plus d’une aversion pour le travail, l’argent et le bien-être matériel, les hippies crient en l’amour libre,en la légalisation de la marijuana, en la destruction de leurs papiers militaires, en l’aide et l’amour réciproque, en une planète pacifique, et à l’amour pour l’amour de l’amour. Ils s’opposent à la guerre et pensent que tout et tout le monde est beau sauf la police."

Beaucoup de prétendus hippies crient "amour" en s’en servant comme d’un mot de passe cynique et d’un écran de fumée pour cacher leur propre avidité, hypocrisie ou malformations mentales. Beaucoup de hippies vendent de la drogue et, bien que la grande majorité d’entre eux ne le font que pour couvrir leurs propres besoins, une poignée d’entre eux gagnent plus de 20 000 $ par an. Un kilogramme (2,2 livres) de marijuana, par exemple, coûte environ 35$ au Mexique. Une fois franchie la frontière, elle est vendue (au kilo) entre 150$ et 200$ Séparée en lots de 34 onces, elle est vendue entre 15$ à 25$ l’once, soit entre 510$ et 850$ le kilo. Le prix varie selon les villes, les campus et les côtes. "L’herbe" est généralement moins chère en Californie que sur la côte Est . La marge de bénéfice dépasse l’imagination, quelque soit le lieu, lorsqu’un kilo d’herbe mexicaine acheté 35$ est vendu par "joints," ou cigarettes de marijuana, au coin d’une rue en ville, pour environ un dollar chaque. Le risque grandit bien évidemment proportionnellement avec le bénéfice réalisé. C’est une chose de se payer un voyage au Mexique en ramenant trois kilos et d’en vendre deux à un cercle d’amis. Le seul risque, ici, est de se voir fouillé et arrêté à la frontière. Mais un type qui est arrêté pour avoir vendu des centaines de "joints" à des lycéens au coin d’une rue de St. Louis peut s’attendre au pire quand son cas arrivera devant un tribunal.

L’historien britannique Arnold Toynbee, à l’âge de 78 ans a visité le quartier de Haight-Ashbury de San Francisco et a écrit ses impressions pour le London Observer. "Les dirigeants du Système" a-t’il dit "feraient l’erreur de leur vie si ils sous-estimaient et ignoraient la révolte des hippies et de beaucoup de leurs contemporains non hippies au prétexte que ceux-ci ne sont que des parasites honteux, des traîtres, ou encore seulement des gamins stupides qui jettent leur gourme."

Toynbee n’a jamais réellement sympathisé avec les hippies; il explique son affinité dans le cadre plus large de l’histoire. Si la race humaine doit survivre, dit-il, l’éthique morale et les habitudes sociales dans le monde doivent changer.: l’accent doit être mis non plus sur le nationalisme mais sur le genre humain. Et Toynbee voyait dans les hippies une résurgence prometteuse des valeurs humanistes fondamentales qui semblaient, à lui comme à d’autres penseurs visionnaires, être une cause tragiquement perdue dans l’atmosphère empoisonnée par la guerre des années1960. Il n’était pas certain de savoir exactement ce que voulaient les hippies mais, puisqu’ils étaient contre les mêmes choses que lui, (la guerre, la violence,et le profit déshumanisé), il était naturellement de leur côté et vice versa.

Il existe une nette continuité entre les beatniks des années 1950 et les hippies des années 1960.. Beaucoup de hippies le nient,mais comme participant actif aux deux époques, je suis certain que cela est vrai. Je vivais dans Greenwich Village à New York City lorsque les beatniks devinrent connus en 1957 et 1958. Je me suis installé à San Francisco en 1959 et sur la côte à Big Sur en 1960 et 1961. Ensuite, après deux ans en Amérique du Sud et une année dans le Colorado, je suis revenu à San Francisco, vivant dans le quartier de Haight-Ashbury en1964,1965 et 1966. Aucun de ces déménagements n’était intentionnel en temps et en lieu; ils se firent tout simplement comme cela. Lorsque je me suis installé à Haight-Ashbury, par exemple, je n’avais jamais entendu parlé de ce nom auparavant. J’avais juste été expulsé d’un autre endroit avec un préavis de trois jours et le premier appartement bon marché que j’ai trouvé était sur Parnassus Street, à quelques blocs de Haight.

A cette époque, les bars de ce que l’on appelle maintenant "la rue" était à dominance noirs . Personne n’avait entendu le mot "hippie," et la musique live était du jazz genre Charlie Parker. . A plusieurs kilomètres de là, en bas près de la baie , dans le quartier relativement huppé de Marina , une boîte de nuit entièrement nouvelle et sans aucune publicité,appelée le Matrix présentait un groupe également inconnu le Jefferson Airplane. A peu près au même moment, l’auteur hippie Ken Kesey (One Flew Over the Cuckoo's Nest, 1962, et Sometimes a Great Notion, 1964) conduisiait des expériences dans le domaine du son, de la lumière et des drogues dans sa propriété de La Honda, sur les collines boisées à environ 50 miles au sud de San Francisco. En raison d’un faisceau de circonstances, d’amitiés fortuites et de liens avec le monde souterrain de la drogue, la bande des Merry Pranksters de Kesey devinrent les hôtes de Jefferson Airplane puis plus tard du Grateful Dead, un autre groupe électrique débridé qui deviendra bientôt célèbre sur les deux côtes , avec l’ Airplane, comme héros originel du son acid-rock de San Francisco. En 1965, le groupe de Kesey mirent en scène, avec une large publicité, plusieurs Acid Tests, qui comprenaient de la musique avec le Grateful Dead et de la Kool-Aid gratuite coupée de LSD. Les même gens fréquentaient le Matrix, les Acid Tests et la maison de Kesey à La Honda. Ils étaient étranges, avec des vêtements colorés et vivaient dans un monde de lumières vives et de musique bruyante. Ils étaient les hippies originels.

Ce fut également en 1965 que j’ai commencé à écrire un livre sur les Hell's Angels, un célèbre gang de motards hors-la-loi qui écumait la Californie depuis des années , et le même genre de coïncidences étranges qui ont parsemé tout le phénomène hippie a aussi placé les Hell's Angels sur la scène. Je buvais une bière avec Kesey un après-midi dans une taverne de San Francisco lorsque je mentionnai que j’étais en chemin pour le quartier général des Angels de Frisco pour leur filer un disque de percussions brésiliennes que l’un d’entre eux voulait m’emprunter. Kesey me dit qu’il pouvait bien m’accompagner et, quand il rencontra les Angels, il les invita à descendre à une fête un week end à La Honda. Les Angels vinrent et rencontrèrent plein de gens qui vivaient à Haight-Ashbury pour les mêmes raisons que moi (un loyer bon marché pour de bons appartements).Des gens qui vivaient à deux ou trois blocs les uns des autres n’en auraient pas pris conscience si ils ne s’étaient pas rencontrés à des fêtes pré-hippie. Mais soudainement, tout le monde vivait à Haight-Ashbury, et cette unité accidentelle prit un style propre. Tout ce qui manquait était un label, et le San Francisco Chronicle en trouva vite un. Ces gens étaient des "hippies," dit le Chronicle, et le phénomène était lancé.. L’Airplane et le Grateful Dead commencèrent à faire la publicité de leurs concerts peu peuplés à l’aide d’affiches psychédélique, d’abord distribuées gratuitement puis vendues 1$ pièce, jusqu’à ce que, finalement, les affiches publicitaires devinrent si populaires que quelques-uns des originaux étaient vendues dans les meilleures galeries d’art de San Fransisco pour plus de 2,000$. A cette époque, le Jefferson Airplane et le Grateful Dead avaient signé des contrats en or et l’un des meilleurs morceaux de l’Airplane "White Rabbit," était parmi les meilleurs vente de singles dans le pays.

A cette époque aussi, Haight-Ashbury était devenue une Mecque si bruyante pour freaks, trafiquants de drogue et amateurs de curiosités que cela n’était plus un bon endroit où vivre. Haight Street était si bondée que les bus municipaux devaient se dérouter pour éviter les embouteillages.

A la même époque, "Hashbury" était devenu un aimant pour une génération entière de jeunes zonards, tous ceux qui avaient annulé leur réservation sur la grande chaîne d’assemblage [référence Aldous Huxley, who warned about the "assembly line-ation" of life, harbinging the era of suburbanization and consumerism.] : La compétition rouleau compresseur pour l’obtention d’un statut et de la sécurité dans une économie américaine toujours gavée et néanmoins toujours plus limitéede la fin des années 1960. En même temps que la récompense d’un statut devenait plus élevée, la compétition devenait plus dure. Un examen de maths raté sur un bulletin de notes au lycée entraînait des conséquences bien plus graves qu’un montant réduit de bourses. Il pouvait compromettre les chances d’entrer à l’université, et étape suivante, d’obtenir un "bon boulot". Comme l’économie demande des capacités de plus en plus grandes, elle fabrique de plus en plus de laissés-pour-compte technologiques. La principale différence entre les hippies et ceux-ci était que les hippies étaient blancs et pauvres volontairement. Leur milieu social était majoritairement la classe moyenne, beaucoup d’entre eux étaient allés à l’université pendant un temps avant que d’opter pour une "vie naturelle"., une existence facile, sans pression à la marge de l’économie monétaire. Leurs parents, disaient-ils, étaient la preuve vivante de la fallacieuse idée américaine "travaille et souffre maintenant; vis et repose toi plus tard."

Les hippies ont renversé cette éthique. "Profite de la vie maintenant" disent-ils, "et inquiète-toi de l’avenir demain" La plupart d’entre eux considéraient la question de la survie comme allant de soi mais, en 1967, alors que leurs enclaves de New York et de San Francisco étaient envahies de pélerins sans le sou, il devint évident qu’il n’y aurait pas assez de nourriture et de logements






Août 2009